Pancreatic Cancer

Qu’est-ce que le cancer du pancréas?

Les informations contenues dans cette section ont été tirées de l’expertise des gastro-entérologues Dr David Armstrong, Dr Francis Tse et oncologue et Dr Rachel Goodwin. Regardez ces informations sous forme de vidéo via nos #CDHFTalks.

Quels sont les types de cancer du pancréas?

Le cancer du pancréas englobe divers cancers qui peuvent se développer dans les différentes parties du pancréas. Cependant, le type le plus fréquent de cancer du pancréas est celui que l’on appelle l’adénocarcinome canalaire pancréatique qui représente environ 90 pour cent de tous les cancers du pancréas. Il existe d’autres types de cancer du pancréas provenant d’autres types de cellules. Les tumeurs comme le carcinome acineux, le pancréatoblastome et les tumeurs neuroendocrines produisent des hormones telle la gastrine. Il est important de connaître le type de cancer du pancréas dont souffre une personne afin que son oncologue et les autres prestataires de soins puissent décider du meilleur traitement.

Quelle est la prévalence du cancer du pancréas?

Chaque année, environ 6 000 Canadiens reçoivent un diagnostic de cancer du pancréas et parmi ces dernières environ 5 300 meurent chaque année. Légèrement plus d’hommes que de femmes en sont touchés et les données au Canada ressemblent beaucoup à celles des États-Unis, où environ 60 000 personnes sont diagnostiquées du cancer du pancréas chaque année. Aux États-Unis, il est le 10e ou 11e cancer le plus fréquent, mais le cancer du pancréas est la 3e principale cause de mortalité par cancer.

Cela s’explique par le diagnostic tardif du cancer du pancréas. Ce dernier ne produit souvent aucun symptôme jusqu’à ce qu’il se soit propagé dans le pancréas. D’ailleurs, chez environ 50 % des personnes, le cancer s’est propagé au-delà du pancréas au moment du diagnostic, c’est pourquoi, les taux de survie relevés après cinq ans se chiffrent à seulement environ 10 pour cent pour le cancer du pancréas.

Lorsqu’il s’agit de décider comment traiter adéquatement le cancer du pancréas, il est important de savoir en quoi consiste le pancréas et sa fonction pour s’assurer d’offrir le traitement approprié et du soutien nutritionnel.

Qu’est-ce que le pancréas et quelle est sa fonction?

Le pancréas est en fait un organe assez petit. Il est situé dans la partie supérieure de l’abdomen, vers l’arrière, il mesure seulement environ six pouces de long et pèse environ trois à quatre onces. Malgré cela, c’est un organe très important possédant deux principales fonctions. Il possède une fonction endocrine, c’est-à-dire qu’il sécrète des hormones, comme l’insuline et le glucagon, qui contrôlent la glycémie dans l’organisme et le métabolisme des glucides, et il possède également une fonction que l’on appelle exocrine, c’est-à-dire, qu’il sécrète des enzymes digestives ainsi que de l’eau et du bicarbonate qui sont produits par de petites grappes de cellules que l’on appelle des sacs ou des poches ou encore des acinus. Ces acinus produisent aussi des enzymes et les canaux qui recueillent ensuite les sécrétions produisent également de l’eau et du bicarbonate qui sont transportés le long du canal pancréatique pour rejoindre le canal biliaire qui se vide dans la partie supérieure de l’intestin grêle ou le duodénum, où ils se mélangent à la nourriture et aident à la digestion. 

Ainsi, toute maladie qui touche au pancréas, et surtout le cancer du pancréas, peut affecter la digestion et influencer le statut nutritionnel des personnes malades.

Quelles sont les causes du cancer du pancréas?

Y a-t-il des facteurs du mode de vie liés au cancer du pancréas?

Malheureusement, nous ignorons les causes spécifiques du cancer du pancréas, mais nous savons cependant qu’il existe certains facteurs du mode de vie et certains facteurs héréditaires associés à un risque accru de cancer du pancréas. Les facteurs du mode de vie associés au cancer du pancréas incluent le tabagisme, surtout la cigarette, ainsi que la consommation excessive d’alcool. L’un des effets de la consommation excessive d’alcool peut être l’inflammation chronique ou la pancréatite chronique qui constitue également un facteur de risque pour le cancer du pancréas. En outre, les personnes obèses ou en surplus de poids, particulièrement celles ayant un indice de masse corporelle ou IMC de plus de 30 présentent un risque accru de cancer du pancréas, tout comme certains facteurs du régime alimentaire, comme les régimes à teneur élevée en gras, gras saturés et viandes transformées.

Le cancer du pancréas est-il héréditaire?

Les causes héréditaires représentent environ cinq à dix pour cent des cancers du pancréas. Il existe certains syndromes génétiques ou héréditaires associés au cancer du pancréas. Les plus courants sont les syndromes du cancer héréditaire du sein et de l’ovaire et le syndrome d’ataxie-télangiectasie. Ces derniers représentent environ 80 à 90 pour cent des facteurs héréditaires associés au cancer du pancréas. 

Est-ce que les kystes causent le cancer du pancréas?

Un autre facteur de risque pour le cancer du pancréas est la présence de kystes. Les kystes dans le pancréas sont toutefois très courants. Une récente étude allemande suggère que près de 50 pour cent des personnes présentent au moins un kyste dans le pancréas et la grande majorité d’entre elles n’éprouvent aucun problème. Seulement environ deux ou trois pour cent des personnes présentent des kystes de taille imposante qui sont considérés comme étant importants ou cliniquement significatifs ou précancéreux. Ainsi, seulement environ un à deux pour cent des kystes pancréatiques sont précancéreux et doivent faire l’objet d’un suivi, accompagné de tests en imagerie ou d’autres tests pour surveiller leur croissance.

Quels sont les symptômes du cancer du pancréas?

Quels symptômes pourraient faire en sorte qu’une personne soupçonne être atteinte du cancer du pancréas?

Aux stades précoces, le cancer du pancréas est extrêmement difficile à diagnostiquer, car il ne présente pas beaucoup de signes ou de symptômes précoces. À mesure que le cancer se développe et commence à se propager dans d’autres parties du corps, les personnes peuvent développer des symptômes non spécifiques. Parmi ces symptômes, notons : des douleurs dans la partie supérieure de l’abdomen ou dans le dos, jaunisse ou ictère, décoloration jaunâtre de la peau et des yeux, urine foncée, selles de couleur blanchâtre, peau qui démange, perte d’appétit, nausées/vomissements, changements dans les habitudes pour aller à la selle, nouveau début de diabète et perte de poids involontaire. 

Il existe aussi d’autres signes et symptômes du cancer du pancréas, mais il ne faut pas oublier que plusieurs de ces symptômes peuvent être causés par plusieurs autres affections, comme des ulcères d’estomac, des calculs biliaires et une maladie hépatique. C’est pourquoi ils ne sont pas très spécifiques au cancer du pancréas, les symptômes pouvant aussi varier selon la taille et l’endroit du cancer du pancréas. Cela étant dit, il est tout de même important de consulter immédiatement un médecin si vous éprouvez l’un de ces symptômes.

Pourquoi le cancer du pancréas cause-t-il la jaunisse?

Un ictère ou jaunisse est une décoloration jaunâtre de la peau et des yeux causée par une accumulation de bilirubine, soit une substance jaune-brun foncé sécrétée par le foie. Normalement, le foie produit de la bile contenant de la bilirubine. La bile est ensuite acheminée par le canal biliaire dans les intestins, où elle aide à dissoudre les lipides. La bile est éliminée du corps dans les selles, mais lorsque le canal biliaire devient bloqué, la bile ne peut pas atteindre les intestins et la bilirubine s’accumule alors dans le sang causant une jaunisse. Le cancer du pancréas cause une jaunisse en bloquant le drainage du canal biliaire.

Toutefois, les patients ayant un cancer du pancréas ne sont pas tous nécessairement atteints de jaunisse. La taille et l’endroit de la tumeur influencera si un patient développe une jaunisse ou non. Les cancers qui touchent la tête du pancréas sont situés près du canal biliaire et ils peuvent faire une pression sur le canal biliaire et causer une jaunisse même lorsqu’ils sont encore de petite taille, ce qui peut parfois permettre de détecter ces cancers au stade précoce. D’autre part, les cancers qui se développent dans le corps ou la queue du pancréas ne créent pas beaucoup de pression, jusqu’à ce qu’ils se soient propagés dans le pancréas. À ce point, le cancer s’est déjà propagé au-delà du pancréas et lorsque ce dernier se répand, il touche souvent le foie, ce qui peut aussi causer une jaunisse. 

Pourquoi le cancer du pancréas cause-t-il une perte de poids?

Les patients atteints du cancer du pancréas éprouvent souvent une importante perte de poids et il existe plusieurs raisons à cet effet. D’abord et avant tout, les patients peuvent perdre du poids parce qu’ils éprouvent de la douleur et de la fatigue, ce qui leur fait perdre tout intérêt envers la nourriture. Deuxièmement, le cancer du pancréas peut endommager le pancréas et bloquer le flux d’enzymes pancréatiques dans les intestins où la nourriture est normalement digérée et absorbée. Alors, lorsque la nourriture n’est pas digérée et absorbée adéquatement, des symptômes comme la diarrhée et la perte de poids peuvent apparaître. 

Troisièmement, le blocage du canal biliaire par le cancer peut causer un refoulement de la bile dans le sang. Ainsi, les personnes peuvent avoir des nausées, des vomissements, une perte d’appétit et de poids. Enfin, certains patients peuvent développer du diabète, parce que le cancer détruit les cellules du pancréas produisant l’insuline. Cette dernière est une hormone qui contrôle la façon dont l’organisme utilise et emmagasine le sucre dans le sang. Avec trop peu d’insuline, l’organisme ne peut pas transporter le sucre du sang dans les cellules pour l’utiliser comme énergie, c’est pourquoi l’organisme brûle le gras et les muscles pour se procurer l’énergie nécessaire, ce qui entraîne une perte de poids. 

Pourquoi le cancer du pancréas cause-t-il de la douleur?

Les causes de la douleur liées au cancer du pancréas sont en fait très complexes et dépendent de plusieurs facteurs, mais il existe trois mécanismes courants entraînant la douleur. D’abord, les cancers du pancréas peuvent se développer et obstruer le canal pancréatique, ce qui peut causer la douleur. Ensuite, les cancers dans le corps ou la queue du pancréas surtout, peuvent devenir très gros et compresser les organes à proximité. Si le cancer fait une pression sur l’estomac, il peut le bloquer partiellement rendant difficile l’absorption de nourriture. Si c’est le cas, cela peut provoquer des nausées, des vomissements et de la douleur qui a tendance à s’aggraver après avoir mangé. Enfin, le cancer peut aussi envahir ou créer de la pression sur les nerfs à proximité du pancréas, ce qui peut causer de la douleur dans l’abdomen et aussi dans le dos.

Quels sont les tests utilisés pour détecter le cancer du pancréas?

Qui devrait passer un test de dépistage du cancer du pancréas?

Si votre médecin soupçonne un cancer du pancréas en raison des signes et des symptômes, il pourrait vous prescrire de passer des tests afin de confirmer le diagnostic. Ces derniers pourraient inclure : des analyses sanguines, des tests d’imagerie, des tests endoscopiques et des biopsies tissulaires. Par contre, pour les personnes ne présentant aucun symptôme, il n’est pas recommandé d’effectuer des tests de dépistage du cancer du pancréas. Les personnes présentant des syndromes génétiques héréditaires ou des antécédents familiaux de cancer du pancréas sont considérées comme étant à risque pour le cancer du pancréas, et ces dernières pourraient être admissibles à passer certains tests de dépistage comme une IRM ou une échographie endoscopique. 

Existe-t-il des analyses sanguines pour dépister le cancer du pancréas?

Il n’existe actuellement aucun test sanguin précis approuvé pour le diagnostic du cancer du pancréas. La plupart du temps, le cancer du pancréas ne peut pas être détecté par des analyses sanguines et les analyses que vous faites normalement au cabinet de votre médecin identifient des choses relativement non spécifiques, comme les tests pour les fonctions hépatiques. De plus, certains cancers du pancréas peuvent causer des anomalies dans les tests pour les fonctions hépatiques en raison du fait qu’une tumeur pourrait s’être propagée au foie, ou dans certains cas, bloquer le canal biliaire. Plusieurs affections peuvent par contre causer des anomalies semblables, et la plupart du temps, il n’y a pas nécessairement de cancer du pancréas. 

Lorsqu’un cancer du pancréas est diagnostiqué par imagerie, votre médecin pourrait vous prescrire des analyses sanguines précises pour déterminer les marqueurs tumoraux, appelés CA 19-9 ou ACE (antigène carcinoembryonnaire), répandus par les cellules pancréatiques cancéreuses. Cependant, aucun de ces marqueurs tumoraux n’est assez précis pour indiquer de façon précise si une personne est atteinte du cancer du pancréas, car certaines personnes ne présentent pas des niveaux élevés de ces marqueurs tumoraux. Par contre, certaines personnes qui ne sont pas atteintes d’un cancer du pancréas pourraient présenter des niveaux élevés de ces marqueurs tumoraux pour d’autres raisons, et encore là, ces marqueurs tumoraux peuvent parfois être très utiles avec d’autres tests pour déterminer si une personne est atteinte d’un cancer du pancréas ou non.

De plus, chez les personnes atteintes d’un cancer du pancréas ou qui ont des marqueurs tumoraux élevés, ces niveaux peuvent être mesurés au fil du temps pour aider à déterminer l’efficacité du traitement. Si tout le cancer a été éliminé, ces tests peuvent également être effectués pour détecter s’il y a une récidive du cancer. 

Si vous éprouvez des douleurs abdominales inexpliquées ou une jaunisse, une échographie abdominale pourrait être l’un des premiers tests par imagerie effectués, parce qu’il est facile à faire et ne vous expose pas à la radiation. Une échographie peut être très utile pour exclure les calculs biliaires ou les troubles hépatiques pouvant causer des symptômes semblables au cancer du pancréas. Toutefois, si vous éprouvez des signes et des symptômes susceptibles d’être causés par un cancer du pancréas, un tomodensitogramme est souvent plus utile. 

Un tomodensitogramme se sert des rayons X pour produire des images détaillées en coupe transversale du corps. On l’utilise souvent pour diagnostiquer le cancer du pancréas, parce qu’il peut montrer très clairement le pancréas. De plus, il peut indiquer si le cancer s’est répandu à d’autres organes et ganglions lymphatiques. Un tomodensitogramme peut aussi être très utile pour déterminer si la chirurgie pourrait être une bonne option de traitement. 

Si un tomodensitogramme n’est pas concluant ou si votre médecin souhaite avoir de meilleures images de votre pancréas, une IRM peut être utilisée. Contrairement au tomodensitogramme, l’IRM ne produit pas de radiation, mais utilise plutôt les champs magnétiques et les ondes radioélectriques pour produire des images détaillées du pancréas. Les tumeurs qui ne sont pas visibles sur un tomodensitogramme peuvent parfois apparaître sur une IRM.

Une endoscopie peut-elle détecter le cancer du pancréas?

L’endo-échographie est le type d’imagerie par endoscopie la plus utile pour diagnostiquer et établir le stade du cancer du pancréas. Lors de cette intervention, on insère un tube flexible par la bouche jusque dans l’estomac et dans la première partie de l’intestin grêle. À l’extrémité du tube se trouve une petite sonde échographique qui transmet des ondes acoustiques. Ces dernières rebondissent sur les structures à proximité, comme le pancréas, le canal biliaire et le foie, puis elles sont détectées par la sonde et converties en images échographiques. Le pancréas étant situé directement à côté de l’estomac et de l’intestin grêle, l’endo-échographie permet au médecin d’obtenir des images très détaillées du pancréas.

De nombreuses études ont suggéré que l’endo-échographie était plus efficace que l’échographie abdominale, le tomodensitogramme ou l’IRM pour détecter les petites tumeurs du pancréas mesurant moins de trois centimètres, mais le plus grand avantage de cette intervention est que contrairement au tomodensitogramme ou à l’IRM, les biopsies de la tumeur peuvent être prélevées de manière sécuritaire au moment de l’intervention. Ces biopsies, que l’on appelle souvent des biopsies à l’aiguille fine, cytoponction ou aspiration à l’aiguille, peuvent permettre à votre médecin d’établir un diagnostic définitif de cancer. Lors de l’endo-échographie, on insère une petite aiguille dans la sonde directement dans la tumeur pour prélever un fragment de tissu. Étant donné que cette biopsie est effectuée par échographie, on considère l’endo-échographie comme une intervention sécuritaire présentant de faibles taux de complications. 

Il existe une autre intervention par endoscopie appelée la CPRE, soit la cholangio-pancréatographie rétrograde endoscopique. Elle peut également être utilisée pour diagnostiquer le cancer du pancréas, par contre il n’est pas recommandé d’utiliser ce test seulement comme test de diagnostic, parce qu’il présente un risque accru de graves complications. La CPRE est souvent utilisée comme une intervention thérapeutique pour soulager le blocage du canal biliaire causé par le cancer du pancréas. Lors de la CPRE, on insère un tube par la bouche jusque dans l’intestin grêle où un petit cathéter est inséré dans le canal biliaire. Du colorant est ensuite injecté et des rayons X sont effectués. Les rayons X indiqueront où se situe le blocage du canal biliaire. Un petit prélèvement peut être effectué dans le canal biliaire pour confirmer le diagnostic. Une endoprothèse, qui est un petit tube, peut aussi être insérée dans le canal biliaire pour soulager le blocage. Comme susmentionné, en raison du risque de graves complications, la CPRE devrait être réservée aux indications thérapeutiques.

Quels traitements peuvent être utilisés pour le cancer du pancréas?

Une chirurgie peut-elle être utilisée pour retirer le cancer du pancréas?

Oui, le cancer du pancréas peut être retiré à l’aide d’une chirurgie. En général, environ 15 à 20 pour cent des patients présentant des cancers précoces peuvent subir une chirurgie de résection. Ces cancers sont habituellement plus petits et ne se développent pas dans les principaux vaisseaux sanguins. De plus, ils ont tendance à être des cancers de stade 1 et de stade 2.

Le cancer du pancréas peut-il être guéri?

Si l’on détecte de façon précoce le cancer du pancréas, lorsqu’une chirurgie peut encore être effectuée, alors le patient pourrait être soigné. En général, lorsque seulement une chirurgie est effectuée, sans traitement additionnel de chimiothérapie, les chances de survie sont malheureusement faibles. Moins de 10 pour cent des patients étaient encore en vie cinq ans après leur chirurgie. Maintenant, grâce aux nouvelles techniques améliorées de chimiothérapie, la chirurgie est suivie d’un traitement offrant quatre médicaments, dont trois sont de la chimiothérapie et un médicament de soutien pour favoriser l’efficacité d’un des médicaments de la chimiothérapie. Grâce à ce traitement, nous avons été en mesure d’améliorer le taux de survie après trois ans. Ainsi, les patients restent en vie et en rémission, sans trace de cancer dans leur organisme. Une amélioration qui se chiffre à un taux de 40 % de survie. 

Comment sait-on si le traitement a fonctionné?

Afin de savoir si le cancer du pancréas a été éliminé et ne revient pas, nous devons faire des suivis avec les patients durant cinq ans. Si l’objectif du traitement est que le patient subisse une chirurgie, alors cette dernière constitue la principale modalité de guérison pour le cancer du pancréas. Ensuite, après la chirurgie du patient, nous commencerons de la chimiothérapie à la suite d’une bonne discussion, cette dernière vise à améliorer le taux de guérison. Nous pouvons aussi proposer aux patients des traitements de radiation, surtout dans les cas où la chirurgie a bien réussi, mais qu’il reste de minuscules cellules cancéreuses. Heureusement, l’option de traitement par radiation est utilisée dans de rares cas. 

Quand devrait-on utiliser la chimiothérapie pour traiter le cancer du pancréas?

Si l’objectif du traitement est de maîtriser le cancer, parce qu’il s’est propagé et qu’il a atteint le stade 4, alors la principale modalité de traitement est la chimiothérapie. Elle est administrée par voie intraveineuse et se répand dans tout le corps, alors nous devons utiliser la chimiothérapie pour maîtriser la maladie et éviter que le patient ressente des symptômes plus graves.

Quand devrait-on utiliser la radiothérapie pour traiter le cancer du pancréas?

Si un patient ressent de la douleur à un endroit précis ou présente des saignements, alors ce dernier aura des traitements par radiation. Très rarement, en de telles situations, nous effectuerons une chirurgie palliative si un blocage doit être soulagé.

Quel est le rôle du régime alimentaire et de l’alimentation pour traiter le cancer du pancréas?

Pourquoi le cancer du pancréas cause-t-il une perte de poids et la malnutrition?

Le régime alimentaire et l’alimentation sont très importants pour les patients atteints du cancer du pancréas. Ces derniers sont plus susceptibles de souffrir de problèmes de digestion et d’alimentation en raison des dommages causés au pancréas, ce qui engendre en retour une consommation inadéquate de calories, de protéines, de vitamines et de minéraux qui sont tous essentiels au maintien de la santé globale, en plus d’aider à faire face et à se remettre du traitement et de la chirurgie pour traiter le cancer.

Il est cependant aussi important de se souvenir que le pancréas et les intestins situés tout près sont essentiels à la digestion et à l’alimentation. Le cancer du pancréas, et souvent le traitement chirurgical qui y est associé, provoquent une perte de tissus pancréatiques, ce qui réduit la sécrétion des enzymes pancréatiques et des fluides, comme le bicarbonate, nécessaires pour aider à digérer les aliments et les absorber. D’ailleurs, si une grande partie du pancréas est touché, cela peut entraîner des troubles comme le diabète qui affecte la fonction endocrine du pancréas. 

De plus, à mesure que le cancer se développe et se propage, ce dernier peut aussi toucher les organes à proximité, dont le foie, les canaux biliaires et les intestins eux-mêmes. Tout cela peut provoquer une perte de poids et de la malnutrition. Même s’il est important que tout le monde adopte un régime alimentaire sain, cela l’est encore plus pour les personnes à risque pour le cancer du pancréas, afin d’éviter certains des facteurs de risques liés au régime alimentaire dont nous avons précédemment parlé. 

Un régime alimentaire sain avant le diagnostic aidera à réduire le risque de cancer du pancréas, mais veillera aussi à ce que l’organisme soit en santé et ait une bonne alimentation pour gérer le cancer du pancréas lorsqu’il est diagnostiqué. Il est recommandé de réduire la consommation d’alcool et d’éviter le surpoids ou le syndrome métabolique, d’éviter les régimes riches en lipides et en gras saturés que l’on retrouve dans les viandes rouges, le lait entier et les produits laitiers à teneur élevée en gras, l’huile de noix de coco et plusieurs aliments préparés commercialement ainsi que les aliments et les viandes transformés. 

Les traitements nutritionnels sont-ils encore nécessaires après le traitement du cancer du pancréas?

Les objectifs des traitements nutritionnels lors du traitement du cancer visent à assurer la consommation adéquate de macronutriments, c’est-à-dire de calories provenant des glucides et des lipides, ainsi que des éléments de base associés à la consommation de protéines. Il est aussi important qu’une quantité suffisante de micronutriments soit consommée, que l’on appelle les vitamines liposolubles, soit les vitamine A, vitamine D, vitamine E et vitamine K ainsi que des minéraux, comme le fer et le zinc. Les aliments devraient être présentés pour attiser l’appétit afin de contrer sa perte qui est souvent associée avec les cancers. De plus, ils devraient être faciles à digérer. Il peut donc être utile de proposer plus fréquemment des repas, au besoin et, si nécessaire, des suppléments nutritionnels oraux ou entéraux. 

Il est particulièrement important pour les patients atteints d’un cancer du pancréas de remplacer les enzymes digestives perdues lorsque le pancréas est endommagé. Une thérapie de substitution des enzymes pancréatiques est généralement offerte sous forme de comprimés gastro-résistants. Ce sont des préparations d’enzymes dotées d’une couche spéciale qui les protège contre les acides de l’estomac et dont le contenu peut donc être libéré dans le duodénum, où les enzymes qu’ils contiennent : la lipase pour digérer les lipides, l’amylase pour digérer les glucides et la protéase pour digérer les protéines, sont libérées et mélangées à la nourriture pour faciliter son absorption et faciliter la digestion. 

La thérapie de substitution des enzymes pancréatiques devrait être prise avec les collations et les repas. Plusieurs groupes spécialisés recommandent cette thérapie, notamment les lignes directrices du groupe NICE au Royaume-Uni, qui devrait être offerte avant et après un traitement et une chirurgie pour le cancer du pancréas. 

Les traitements nutritionnels demeurent très importants même après que le cancer du pancréas ait été traité, que le traitement ait été fructueux ou non. Ils favorisent le rétablissement et aident à préserver la santé après la fin du traitement. Les suppléments nutritionnels nécessaires après les traitements du cancer du pancréas incluent la thérapie de substitution des enzymes pancréatiques ou TSEP. Ce sont des comprimés gastro-résistants qui contiennent des enzymes digestives, et qui doivent être pris avec tous les aliments, que ce soit une collation ou un repas complet. Habituellement, pour commencer, nous recommandons que les personnes prennent un à trois comprimés avec une collation et trois à cinq comprimés avec un repas. Ces comprimés devraient être pris durant le repas afin que les enzymes se mélangent à la nourriture et favorisent une meilleure digestion et l’absorption des aliments. 

Un bon traitement nutritionnel après le traitement du cancer du pancréas inclut également l’apport adéquat de macronutriments, soit des glucides, des lipides et des protéines, au besoin à l’aide de suppléments, et surtout d’un.e diététiste qui peut offrir des conseils précis concernant les types d’aliments et de suppléments nécessaires. 

Ainsi, la plupart des patients sous traitement pour le cancer du pancréas auront non seulement besoin de macronutriments, mais aussi de micronutriments, soit les vitamines et les minéraux qui peuvent faire défaut après le traitement du cancer du pancréas. Parmi ces derniers, notons des vitamines liposolubles, comme les vitamine A, vitamine D, vitamine E, vitamine K, et vitamine B12 qui est essentielle pour la santé neuropathique, afin d’aider à la production sanguine et prévenir l’anémie, ainsi que les minéraux, comme le fer et le zinc.

Qu’est-ce que le cancer du pancréas?

Les informations contenues dans cette section ont été tirées de l'expertise des gastro-entérologues Dr David Armstrong, Dr Francis Tse et oncologue et Dr Rachel Goodwin. Regardez ces informations sous forme de vidéo via nos #CDHFTalks.

Quels sont les types de cancer du pancréas?

Le cancer du pancréas englobe divers cancers qui peuvent se développer dans les différentes parties du pancréas. Cependant, le type le plus fréquent de cancer du pancréas est celui que l’on appelle l’adénocarcinome canalaire pancréatique qui représente environ 90 pour cent de tous les cancers du pancréas. Il existe d’autres types de cancer du pancréas provenant d’autres types de cellules. Les tumeurs comme le carcinome acineux, le pancréatoblastome et les tumeurs neuroendocrines produisent des hormones telle la gastrine. Il est important de connaître le type de cancer du pancréas dont souffre une personne afin que son oncologue et les autres prestataires de soins puissent décider du meilleur traitement.

Quelle est la prévalence du cancer du pancréas?

Chaque année, environ 6 000 Canadiens reçoivent un diagnostic de cancer du pancréas et parmi ces dernières environ 5 300 meurent chaque année. Légèrement plus d’hommes que de femmes en sont touchés et les données au Canada ressemblent beaucoup à celles des États-Unis, où environ 60 000 personnes sont diagnostiquées du cancer du pancréas chaque année. Aux États-Unis, il est le 10e ou 11e cancer le plus fréquent, mais le cancer du pancréas est la 3e principale cause de mortalité par cancer.

Cela s’explique par le diagnostic tardif du cancer du pancréas. Ce dernier ne produit souvent aucun symptôme jusqu’à ce qu’il se soit propagé dans le pancréas. D’ailleurs, chez environ 50 % des personnes, le cancer s’est propagé au-delà du pancréas au moment du diagnostic, c'est pourquoi, les taux de survie relevés après cinq ans se chiffrent à seulement environ 10 pour cent pour le cancer du pancréas.

Lorsqu’il s’agit de décider comment traiter adéquatement le cancer du pancréas, il est important de savoir en quoi consiste le pancréas et sa fonction pour s’assurer d’offrir le traitement approprié et du soutien nutritionnel.

Qu’est-ce que le pancréas et quelle est sa fonction?

Le pancréas est en fait un organe assez petit. Il est situé dans la partie supérieure de l’abdomen, vers l’arrière, il mesure seulement environ six pouces de long et pèse environ trois à quatre onces. Malgré cela, c’est un organe très important possédant deux principales fonctions. Il possède une fonction endocrine, c’est-à-dire qu’il sécrète des hormones, comme l’insuline et le glucagon, qui contrôlent la glycémie dans l’organisme et le métabolisme des glucides, et il possède également une fonction que l’on appelle exocrine, c’est-à-dire, qu’il sécrète des enzymes digestives ainsi que de l’eau et du bicarbonate qui sont produits par de petites grappes de cellules que l’on appelle des sacs ou des poches ou encore des acinus. Ces acinus produisent aussi des enzymes et les canaux qui recueillent ensuite les sécrétions produisent également de l’eau et du bicarbonate qui sont transportés le long du canal pancréatique pour rejoindre le canal biliaire qui se vide dans la partie supérieure de l’intestin grêle ou le duodénum, où ils se mélangent à la nourriture et aident à la digestion. 

Ainsi, toute maladie qui touche au pancréas, et surtout le cancer du pancréas, peut affecter la digestion et influencer le statut nutritionnel des personnes malades.

Quelles sont les causes du cancer du pancréas?

Y a-t-il des facteurs du mode de vie liés au cancer du pancréas?

Malheureusement, nous ignorons les causes spécifiques du cancer du pancréas, mais nous savons cependant qu’il existe certains facteurs du mode de vie et certains facteurs héréditaires associés à un risque accru de cancer du pancréas. Les facteurs du mode de vie associés au cancer du pancréas incluent le tabagisme, surtout la cigarette, ainsi que la consommation excessive d’alcool. L’un des effets de la consommation excessive d’alcool peut être l’inflammation chronique ou la pancréatite chronique qui constitue également un facteur de risque pour le cancer du pancréas. En outre, les personnes obèses ou en surplus de poids, particulièrement celles ayant un indice de masse corporelle ou IMC de plus de 30 présentent un risque accru de cancer du pancréas, tout comme certains facteurs du régime alimentaire, comme les régimes à teneur élevée en gras, gras saturés et viandes transformées.

Le cancer du pancréas est-il héréditaire?

Les causes héréditaires représentent environ cinq à dix pour cent des cancers du pancréas. Il existe certains syndromes génétiques ou héréditaires associés au cancer du pancréas. Les plus courants sont les syndromes du cancer héréditaire du sein et de l’ovaire et le syndrome d’ataxie-télangiectasie. Ces derniers représentent environ 80 à 90 pour cent des facteurs héréditaires associés au cancer du pancréas. 

Est-ce que les kystes causent le cancer du pancréas?

Un autre facteur de risque pour le cancer du pancréas est la présence de kystes. Les kystes dans le pancréas sont toutefois très courants. Une récente étude allemande suggère que près de 50 pour cent des personnes présentent au moins un kyste dans le pancréas et la grande majorité d’entre elles n’éprouvent aucun problème. Seulement environ deux ou trois pour cent des personnes présentent des kystes de taille imposante qui sont considérés comme étant importants ou cliniquement significatifs ou précancéreux. Ainsi, seulement environ un à deux pour cent des kystes pancréatiques sont précancéreux et doivent faire l’objet d’un suivi, accompagné de tests en imagerie ou d’autres tests pour surveiller leur croissance.

Quels sont les symptômes du cancer du pancréas?

Quels symptômes pourraient faire en sorte qu’une personne soupçonne être atteinte du cancer du pancréas?

Aux stades précoces, le cancer du pancréas est extrêmement difficile à diagnostiquer, car il ne présente pas beaucoup de signes ou de symptômes précoces. À mesure que le cancer se développe et commence à se propager dans d’autres parties du corps, les personnes peuvent développer des symptômes non spécifiques. Parmi ces symptômes, notons : des douleurs dans la partie supérieure de l’abdomen ou dans le dos, jaunisse ou ictère, décoloration jaunâtre de la peau et des yeux, urine foncée, selles de couleur blanchâtre, peau qui démange, perte d’appétit, nausées/vomissements, changements dans les habitudes pour aller à la selle, nouveau début de diabète et perte de poids involontaire. 

Il existe aussi d’autres signes et symptômes du cancer du pancréas, mais il ne faut pas oublier que plusieurs de ces symptômes peuvent être causés par plusieurs autres affections, comme des ulcères d’estomac, des calculs biliaires et une maladie hépatique. C'est pourquoi ils ne sont pas très spécifiques au cancer du pancréas, les symptômes pouvant aussi varier selon la taille et l’endroit du cancer du pancréas. Cela étant dit, il est tout de même important de consulter immédiatement un médecin si vous éprouvez l’un de ces symptômes.

Pourquoi le cancer du pancréas cause-t-il la jaunisse?

Un ictère ou jaunisse est une décoloration jaunâtre de la peau et des yeux causée par une accumulation de bilirubine, soit une substance jaune-brun foncé sécrétée par le foie. Normalement, le foie produit de la bile contenant de la bilirubine. La bile est ensuite acheminée par le canal biliaire dans les intestins, où elle aide à dissoudre les lipides. La bile est éliminée du corps dans les selles, mais lorsque le canal biliaire devient bloqué, la bile ne peut pas atteindre les intestins et la bilirubine s’accumule alors dans le sang causant une jaunisse. Le cancer du pancréas cause une jaunisse en bloquant le drainage du canal biliaire.

Toutefois, les patients ayant un cancer du pancréas ne sont pas tous nécessairement atteints de jaunisse. La taille et l’endroit de la tumeur influencera si un patient développe une jaunisse ou non. Les cancers qui touchent la tête du pancréas sont situés près du canal biliaire et ils peuvent faire une pression sur le canal biliaire et causer une jaunisse même lorsqu’ils sont encore de petite taille, ce qui peut parfois permettre de détecter ces cancers au stade précoce. D’autre part, les cancers qui se développent dans le corps ou la queue du pancréas ne créent pas beaucoup de pression, jusqu’à ce qu’ils se soient propagés dans le pancréas. À ce point, le cancer s'est déjà propagé au-delà du pancréas et lorsque ce dernier se répand, il touche souvent le foie, ce qui peut aussi causer une jaunisse. 

Pourquoi le cancer du pancréas cause-t-il une perte de poids?

Les patients atteints du cancer du pancréas éprouvent souvent une importante perte de poids et il existe plusieurs raisons à cet effet. D’abord et avant tout, les patients peuvent perdre du poids parce qu’ils éprouvent de la douleur et de la fatigue, ce qui leur fait perdre tout intérêt envers la nourriture. Deuxièmement, le cancer du pancréas peut endommager le pancréas et bloquer le flux d’enzymes pancréatiques dans les intestins où la nourriture est normalement digérée et absorbée. Alors, lorsque la nourriture n’est pas digérée et absorbée adéquatement, des symptômes comme la diarrhée et la perte de poids peuvent apparaître. 

Troisièmement, le blocage du canal biliaire par le cancer peut causer un refoulement de la bile dans le sang. Ainsi, les personnes peuvent avoir des nausées, des vomissements, une perte d’appétit et de poids. Enfin, certains patients peuvent développer du diabète, parce que le cancer détruit les cellules du pancréas produisant l’insuline. Cette dernière est une hormone qui contrôle la façon dont l’organisme utilise et emmagasine le sucre dans le sang. Avec trop peu d’insuline, l’organisme ne peut pas transporter le sucre du sang dans les cellules pour l’utiliser comme énergie, c’est pourquoi l’organisme brûle le gras et les muscles pour se procurer l’énergie nécessaire, ce qui entraîne une perte de poids. 

Pourquoi le cancer du pancréas cause-t-il de la douleur?

Les causes de la douleur liées au cancer du pancréas sont en fait très complexes et dépendent de plusieurs facteurs, mais il existe trois mécanismes courants entraînant la douleur. D’abord, les cancers du pancréas peuvent se développer et obstruer le canal pancréatique, ce qui peut causer la douleur. Ensuite, les cancers dans le corps ou la queue du pancréas surtout, peuvent devenir très gros et compresser les organes à proximité. Si le cancer fait une pression sur l’estomac, il peut le bloquer partiellement rendant difficile l’absorption de nourriture. Si c’est le cas, cela peut provoquer des nausées, des vomissements et de la douleur qui a tendance à s’aggraver après avoir mangé. Enfin, le cancer peut aussi envahir ou créer de la pression sur les nerfs à proximité du pancréas, ce qui peut causer de la douleur dans l’abdomen et aussi dans le dos.

Quels sont les tests utilisés pour détecter le cancer du pancréas?

Qui devrait passer un test de dépistage du cancer du pancréas?

Si votre médecin soupçonne un cancer du pancréas en raison des signes et des symptômes, il pourrait vous prescrire de passer des tests afin de confirmer le diagnostic. Ces derniers pourraient inclure : des analyses sanguines, des tests d’imagerie, des tests endoscopiques et des biopsies tissulaires. Par contre, pour les personnes ne présentant aucun symptôme, il n’est pas recommandé d’effectuer des tests de dépistage du cancer du pancréas. Les personnes présentant des syndromes génétiques héréditaires ou des antécédents familiaux de cancer du pancréas sont considérées comme étant à risque pour le cancer du pancréas, et ces dernières pourraient être admissibles à passer certains tests de dépistage comme une IRM ou une échographie endoscopique. 

Existe-t-il des analyses sanguines pour dépister le cancer du pancréas?

Il n’existe actuellement aucun test sanguin précis approuvé pour le diagnostic du cancer du pancréas. La plupart du temps, le cancer du pancréas ne peut pas être détecté par des analyses sanguines et les analyses que vous faites normalement au cabinet de votre médecin identifient des choses relativement non spécifiques, comme les tests pour les fonctions hépatiques. De plus, certains cancers du pancréas peuvent causer des anomalies dans les tests pour les fonctions hépatiques en raison du fait qu’une tumeur pourrait s’être propagée au foie, ou dans certains cas, bloquer le canal biliaire. Plusieurs affections peuvent par contre causer des anomalies semblables, et la plupart du temps, il n’y a pas nécessairement de cancer du pancréas. 

Lorsqu’un cancer du pancréas est diagnostiqué par imagerie, votre médecin pourrait vous prescrire des analyses sanguines précises pour déterminer les marqueurs tumoraux, appelés CA 19-9 ou ACE (antigène carcinoembryonnaire), répandus par les cellules pancréatiques cancéreuses. Cependant, aucun de ces marqueurs tumoraux n’est assez précis pour indiquer de façon précise si une personne est atteinte du cancer du pancréas, car certaines personnes ne présentent pas des niveaux élevés de ces marqueurs tumoraux. Par contre, certaines personnes qui ne sont pas atteintes d’un cancer du pancréas pourraient présenter des niveaux élevés de ces marqueurs tumoraux pour d’autres raisons, et encore là, ces marqueurs tumoraux peuvent parfois être très utiles avec d’autres tests pour déterminer si une personne est atteinte d’un cancer du pancréas ou non.

De plus, chez les personnes atteintes d’un cancer du pancréas ou qui ont des marqueurs tumoraux élevés, ces niveaux peuvent être mesurés au fil du temps pour aider à déterminer l’efficacité du traitement. Si tout le cancer a été éliminé, ces tests peuvent également être effectués pour détecter s’il y a une récidive du cancer. 

Si vous éprouvez des douleurs abdominales inexpliquées ou une jaunisse, une échographie abdominale pourrait être l’un des premiers tests par imagerie effectués, parce qu’il est facile à faire et ne vous expose pas à la radiation. Une échographie peut être très utile pour exclure les calculs biliaires ou les troubles hépatiques pouvant causer des symptômes semblables au cancer du pancréas. Toutefois, si vous éprouvez des signes et des symptômes susceptibles d’être causés par un cancer du pancréas, un tomodensitogramme est souvent plus utile. 

Un tomodensitogramme se sert des rayons X pour produire des images détaillées en coupe transversale du corps. On l’utilise souvent pour diagnostiquer le cancer du pancréas, parce qu’il peut montrer très clairement le pancréas. De plus, il peut indiquer si le cancer s’est répandu à d’autres organes et ganglions lymphatiques. Un tomodensitogramme peut aussi être très utile pour déterminer si la chirurgie pourrait être une bonne option de traitement. 

Si un tomodensitogramme n’est pas concluant ou si votre médecin souhaite avoir de meilleures images de votre pancréas, une IRM peut être utilisée. Contrairement au tomodensitogramme, l’IRM ne produit pas de radiation, mais utilise plutôt les champs magnétiques et les ondes radioélectriques pour produire des images détaillées du pancréas. Les tumeurs qui ne sont pas visibles sur un tomodensitogramme peuvent parfois apparaître sur une IRM.

Une endoscopie peut-elle détecter le cancer du pancréas?

L’endo-échographie est le type d’imagerie par endoscopie la plus utile pour diagnostiquer et établir le stade du cancer du pancréas. Lors de cette intervention, on insère un tube flexible par la bouche jusque dans l’estomac et dans la première partie de l’intestin grêle. À l’extrémité du tube se trouve une petite sonde échographique qui transmet des ondes acoustiques. Ces dernières rebondissent sur les structures à proximité, comme le pancréas, le canal biliaire et le foie, puis elles sont détectées par la sonde et converties en images échographiques. Le pancréas étant situé directement à côté de l’estomac et de l’intestin grêle, l’endo-échographie permet au médecin d’obtenir des images très détaillées du pancréas.

De nombreuses études ont suggéré que l’endo-échographie était plus efficace que l’échographie abdominale, le tomodensitogramme ou l’IRM pour détecter les petites tumeurs du pancréas mesurant moins de trois centimètres, mais le plus grand avantage de cette intervention est que contrairement au tomodensitogramme ou à l’IRM, les biopsies de la tumeur peuvent être prélevées de manière sécuritaire au moment de l’intervention. Ces biopsies, que l’on appelle souvent des biopsies à l’aiguille fine, cytoponction ou aspiration à l’aiguille, peuvent permettre à votre médecin d’établir un diagnostic définitif de cancer. Lors de l’endo-échographie, on insère une petite aiguille dans la sonde directement dans la tumeur pour prélever un fragment de tissu. Étant donné que cette biopsie est effectuée par échographie, on considère l’endo-échographie comme une intervention sécuritaire présentant de faibles taux de complications. 

Il existe une autre intervention par endoscopie appelée la CPRE, soit la cholangio-pancréatographie rétrograde endoscopique. Elle peut également être utilisée pour diagnostiquer le cancer du pancréas, par contre il n’est pas recommandé d’utiliser ce test seulement comme test de diagnostic, parce qu’il présente un risque accru de graves complications. La CPRE est souvent utilisée comme une intervention thérapeutique pour soulager le blocage du canal biliaire causé par le cancer du pancréas. Lors de la CPRE, on insère un tube par la bouche jusque dans l’intestin grêle où un petit cathéter est inséré dans le canal biliaire. Du colorant est ensuite injecté et des rayons X sont effectués. Les rayons X indiqueront où se situe le blocage du canal biliaire. Un petit prélèvement peut être effectué dans le canal biliaire pour confirmer le diagnostic. Une endoprothèse, qui est un petit tube, peut aussi être insérée dans le canal biliaire pour soulager le blocage. Comme susmentionné, en raison du risque de graves complications, la CPRE devrait être réservée aux indications thérapeutiques.

Quels traitements peuvent être utilisés pour le cancer du pancréas?

Une chirurgie peut-elle être utilisée pour retirer le cancer du pancréas?

Oui, le cancer du pancréas peut être retiré à l’aide d’une chirurgie. En général, environ 15 à 20 pour cent des patients présentant des cancers précoces peuvent subir une chirurgie de résection. Ces cancers sont habituellement plus petits et ne se développent pas dans les principaux vaisseaux sanguins. De plus, ils ont tendance à être des cancers de stade 1 et de stade 2.

Le cancer du pancréas peut-il être guéri?

Si l’on détecte de façon précoce le cancer du pancréas, lorsqu’une chirurgie peut encore être effectuée, alors le patient pourrait être soigné. En général, lorsque seulement une chirurgie est effectuée, sans traitement additionnel de chimiothérapie, les chances de survie sont malheureusement faibles. Moins de 10 pour cent des patients étaient encore en vie cinq ans après leur chirurgie. Maintenant, grâce aux nouvelles techniques améliorées de chimiothérapie, la chirurgie est suivie d’un traitement offrant quatre médicaments, dont trois sont de la chimiothérapie et un médicament de soutien pour favoriser l’efficacité d’un des médicaments de la chimiothérapie. Grâce à ce traitement, nous avons été en mesure d’améliorer le taux de survie après trois ans. Ainsi, les patients restent en vie et en rémission, sans trace de cancer dans leur organisme. Une amélioration qui se chiffre à un taux de 40 % de survie. 

Comment sait-on si le traitement a fonctionné?

Afin de savoir si le cancer du pancréas a été éliminé et ne revient pas, nous devons faire des suivis avec les patients durant cinq ans. Si l’objectif du traitement est que le patient subisse une chirurgie, alors cette dernière constitue la principale modalité de guérison pour le cancer du pancréas. Ensuite, après la chirurgie du patient, nous commencerons de la chimiothérapie à la suite d’une bonne discussion, cette dernière vise à améliorer le taux de guérison. Nous pouvons aussi proposer aux patients des traitements de radiation, surtout dans les cas où la chirurgie a bien réussi, mais qu'il reste de minuscules cellules cancéreuses. Heureusement, l’option de traitement par radiation est utilisée dans de rares cas. 

Quand devrait-on utiliser la chimiothérapie pour traiter le cancer du pancréas?

Si l’objectif du traitement est de maîtriser le cancer, parce qu’il s’est propagé et qu’il a atteint le stade 4, alors la principale modalité de traitement est la chimiothérapie. Elle est administrée par voie intraveineuse et se répand dans tout le corps, alors nous devons utiliser la chimiothérapie pour maîtriser la maladie et éviter que le patient ressente des symptômes plus graves.

Quand devrait-on utiliser la radiothérapie pour traiter le cancer du pancréas?

Si un patient ressent de la douleur à un endroit précis ou présente des saignements, alors ce dernier aura des traitements par radiation. Très rarement, en de telles situations, nous effectuerons une chirurgie palliative si un blocage doit être soulagé.

Quel est le rôle du régime alimentaire et de l’alimentation pour traiter le cancer du pancréas?

Pourquoi le cancer du pancréas cause-t-il une perte de poids et la malnutrition?

Le régime alimentaire et l’alimentation sont très importants pour les patients atteints du cancer du pancréas. Ces derniers sont plus susceptibles de souffrir de problèmes de digestion et d’alimentation en raison des dommages causés au pancréas, ce qui engendre en retour une consommation inadéquate de calories, de protéines, de vitamines et de minéraux qui sont tous essentiels au maintien de la santé globale, en plus d’aider à faire face et à se remettre du traitement et de la chirurgie pour traiter le cancer.

Il est cependant aussi important de se souvenir que le pancréas et les intestins situés tout près sont essentiels à la digestion et à l’alimentation. Le cancer du pancréas, et souvent le traitement chirurgical qui y est associé, provoquent une perte de tissus pancréatiques, ce qui réduit la sécrétion des enzymes pancréatiques et des fluides, comme le bicarbonate, nécessaires pour aider à digérer les aliments et les absorber. D’ailleurs, si une grande partie du pancréas est touché, cela peut entraîner des troubles comme le diabète qui affecte la fonction endocrine du pancréas. 

De plus, à mesure que le cancer se développe et se propage, ce dernier peut aussi toucher les organes à proximité, dont le foie, les canaux biliaires et les intestins eux-mêmes. Tout cela peut provoquer une perte de poids et de la malnutrition. Même s’il est important que tout le monde adopte un régime alimentaire sain, cela l’est encore plus pour les personnes à risque pour le cancer du pancréas, afin d’éviter certains des facteurs de risques liés au régime alimentaire dont nous avons précédemment parlé. 

Un régime alimentaire sain avant le diagnostic aidera à réduire le risque de cancer du pancréas, mais veillera aussi à ce que l’organisme soit en santé et ait une bonne alimentation pour gérer le cancer du pancréas lorsqu’il est diagnostiqué. Il est recommandé de réduire la consommation d’alcool et d’éviter le surpoids ou le syndrome métabolique, d’éviter les régimes riches en lipides et en gras saturés que l’on retrouve dans les viandes rouges, le lait entier et les produits laitiers à teneur élevée en gras, l’huile de noix de coco et plusieurs aliments préparés commercialement ainsi que les aliments et les viandes transformés. 

Les traitements nutritionnels sont-ils encore nécessaires après le traitement du cancer du pancréas?

Les objectifs des traitements nutritionnels lors du traitement du cancer visent à assurer la consommation adéquate de macronutriments, c’est-à-dire de calories provenant des glucides et des lipides, ainsi que des éléments de base associés à la consommation de protéines. Il est aussi important qu’une quantité suffisante de micronutriments soit consommée, que l’on appelle les vitamines liposolubles, soit les vitamine A, vitamine D, vitamine E et vitamine K ainsi que des minéraux, comme le fer et le zinc. Les aliments devraient être présentés pour attiser l’appétit afin de contrer sa perte qui est souvent associée avec les cancers. De plus, ils devraient être faciles à digérer. Il peut donc être utile de proposer plus fréquemment des repas, au besoin et, si nécessaire, des suppléments nutritionnels oraux ou entéraux. 

Il est particulièrement important pour les patients atteints d’un cancer du pancréas de remplacer les enzymes digestives perdues lorsque le pancréas est endommagé. Une thérapie de substitution des enzymes pancréatiques est généralement offerte sous forme de comprimés gastro-résistants. Ce sont des préparations d’enzymes dotées d’une couche spéciale qui les protège contre les acides de l’estomac et dont le contenu peut donc être libéré dans le duodénum, où les enzymes qu’ils contiennent : la lipase pour digérer les lipides, l’amylase pour digérer les glucides et la protéase pour digérer les protéines, sont libérées et mélangées à la nourriture pour faciliter son absorption et faciliter la digestion. 

La thérapie de substitution des enzymes pancréatiques devrait être prise avec les collations et les repas. Plusieurs groupes spécialisés recommandent cette thérapie, notamment les lignes directrices du groupe NICE au Royaume-Uni, qui devrait être offerte avant et après un traitement et une chirurgie pour le cancer du pancréas. 

Les traitements nutritionnels demeurent très importants même après que le cancer du pancréas ait été traité, que le traitement ait été fructueux ou non. Ils favorisent le rétablissement et aident à préserver la santé après la fin du traitement. Les suppléments nutritionnels nécessaires après les traitements du cancer du pancréas incluent la thérapie de substitution des enzymes pancréatiques ou TSEP. Ce sont des comprimés gastro-résistants qui contiennent des enzymes digestives, et qui doivent être pris avec tous les aliments, que ce soit une collation ou un repas complet. Habituellement, pour commencer, nous recommandons que les personnes prennent un à trois comprimés avec une collation et trois à cinq comprimés avec un repas. Ces comprimés devraient être pris durant le repas afin que les enzymes se mélangent à la nourriture et favorisent une meilleure digestion et l’absorption des aliments. 

Un bon traitement nutritionnel après le traitement du cancer du pancréas inclut également l’apport adéquat de macronutriments, soit des glucides, des lipides et des protéines, au besoin à l’aide de suppléments, et surtout d’un.e diététiste qui peut offrir des conseils précis concernant les types d’aliments et de suppléments nécessaires. 

Ainsi, la plupart des patients sous traitement pour le cancer du pancréas auront non seulement besoin de macronutriments, mais aussi de micronutriments, soit les vitamines et les minéraux qui peuvent faire défaut après le traitement du cancer du pancréas. Parmi ces derniers, notons des vitamines liposolubles, comme les vitamine A, vitamine D, vitamine E, vitamine K, et vitamine B12 qui est essentielle pour la santé neuropathique, afin d'aider à la production sanguine et prévenir l’anémie, ainsi que les minéraux, comme le fer et le zinc.