Syndrome du Côlon Irritable (SCI)

Syndrome du Côlon Irritable (SCI)

Qu’est-ce que le syndrome du côlon irritable (SCI)?

Le syndrome du côlon irritable (SCI) est une affection de l’intestin. Ceux qui en sont touchés peuvent souffrir de problèmes de motilité (mouvement des aliments digérés dans les intestins) et de sensibilité (la façon dont le cerveau interprète les signaux provenant des nerfs intestinaux), engendrant des douleurs abdominales, des changements au niveau des habitudes intestinales et d’autres symptômes. Même si cette affection est souvent dérangeante, débilitante et embarrassante, il peut être rassurant de savoir que le SCI est bénin, ne cause pas le cancer ni d’autres maladies plus graves. Le Canada présente l’un des taux les plus élevés de SCI dans le monde. Cinq millions de Canadiens souffrent du SCI et on estime que 120 000 Canadiens développent ce trouble digestif chaque année. Environ 40 % des personnes souffrant du SCI consultent pour des soins médicaux, tandis que celles ayant des symptômes moins graves se soignent elles-mêmes en apportant des changements à leur mode de vie, en évitant certains aliments et en faisant l’achat de médicaments en vente libre. Le SCI est beaucoup plus fréquent chez les femmes que chez les hommes. Au Canada, le fardeau économique et les coûts des soins de santé annuels liés au SCI dépassent les 6,5 milliards de dollars. Étant une cause fréquente de l’absentéisme au travail et à l’école, le SCI peut nuire de façon considérable à la productivité et à la qualité de vie d’une personne. Les Canadiens souffrant des symptômes du SCI sont en moyenne absents du travail durant 13 jours chaque année, ce qui représente une perte supplémentaire de productivité se chiffrant à 8 milliards de dollars.

Qu’est-ce que le syndrome du côlon irritable avec constipation (SCI-C)?

Le syndrome du côlon irritable (SCI) est un trouble gastrointestinal chronique courant qui engendre des problèmes de motilité (la façon dont les intestins déplacent leur contenu) et de sensibilité (la façon dont le cerveau interprète les sensations de douleur dans les intestins). Les personnes atteintes du SCI peuvent souffrir de douleurs abdominales répétées et d’habitudes irrégulières et douloureuses pour aller à la selle. Les symptômes sont souvent chroniques et intermittents et peuvent durer des mois ou des années. La constipation se produit lorsque les aliments digérés se déplacent lentement dans le tube digestif. Par conséquent, les selles demeurent dans le gros intestin pour une période de temps prolongée. Les intestins évacuent l’excès d’eau, ce qui fait en sorte que les selles deviennent dures, sèches, grumeleuses et difficiles à évacuer. Le syndrome du côlon irritable avec constipation, aussi appelé le SCI-C, est une affection pénible qui peut considérablement toucher la qualité de vie des personnes qui en souffrent. Le Canada p

Vivre positivement avec SCI

Il est rassurant de savoir que le SCI est un problème très fréquent, et dans bien des cas, de simples changements apportés à votre style de vie et à votre régime alimentaire peuvent soulager vos symptômes. Il n’y a toutefois pas un traitement universel et ce dernier dépend des types de symptômes que vous avez, de leur gravité et de la façon dont ils ont des répercussions sur votre vie quotidienne.

Changements au mode de vie

Les changements suivants apportés à votre mode de vie peuvent aider à prévenir ou à soulager les symptômes du SCI : • Faire de l’exercice physique régulièrement pour activer le mouvement du côlon et réduire le stress. L’exercice peut prendre diverses formes, mais 20 à 30 minutes d’activité au moins trois fois par semaine peuvent aider. • Se reposer suffisamment. Le manque de sommeil et la fatigue peuvent aggraver les symptômes du SCI. • Réduire le stress et la tension. Le cerveau et le côlon sont liés par le biais de nombreuses voies complexes et le stress émotionnel peut nuire au fonctionnement des intestins et causer de la douleur. Le yoga, la méditation et les techniques de respiration lente et profonde peuvent aider les personnes souffrant du SCI à gérer leur stress. • Restreindre sa consommation de caféine, d’alcool, de boissons gazeuses et d’aliments gras. • Ne pas réprimer son envie d’aller à la selle, si possible.

Changements au régime alimentaire

Depuis plusieurs années, on associe les intolérances alimentaires aux symptômes du SCI, toutefois des informations contradictoires créent souvent de la confusion et de la frustration en ce qui concerne les aliments que les patients atteints du SCI devraient inclure dans leur régime ou éliminer. Une étude récente a identifié six stratégies clés pour une gestion alimentaire réussie du SCI.

1) Écarter l’intolérance au lactose.

Les symptômes de l’intolérance au lactose (l’incapacité à digérer le sucre contenu dans le lait) et les symptômes du SCI se chevauchent souvent.

2) Réduire les fibres insolubles.

Le type de fibres que les personnes atteintes du SCI ingèrent dans leur régime alimentaire est important. Les fibres insolubles (qui ne peuvent se dissoudre dans l’eau) que l’on retrouve principalement dans le son de blé, le riz brun, les graines, les noix, les fruits séchés et les pains de blé entier, ajoutent de la masse à vos selles et peuvent aggraver les symptômes du SCI chez certaines personnes. On peut soulager les symptômes en pelant les fruits et les légumes pour enlever la peau riche en fibres insolubles.

3) Suppléments avec graines de lin pour la constipation.

Les graines de lin peuvent aider à soulager la constipation, l’inconfort abdominal et les ballonnements. Pour les patients atteints du SCI et souffrant de constipation, nous vous conseillons d’ajouter des graines de lin moulues à votre diète pour une période d’essai de 3 mois afin de favoriser le fonctionnement des intestins.

4) Réduire les hydrates de carbone fermentescibles.

Les hydrates de carbone fermentescibles sont de petites molécules d’hydrates de carbone (sucre) que l’on retrouve dans les aliments de tous les jours et qui sont peu absorbées dans le petit intestin de certaines personnes. Les hydrates de carbone fermentescibles sont fermentés (digérés) par les bactéries intestinales, ce qui peut entraîner des douleurs abdominales, des excès de gaz, de la constipation et (ou) de la diarrhée. En suivant une diète faible en hydrates de carbone fermentescibles, les patients atteints du SCI peuvent réduire leurs symptômes gastro-intestinaux de 75 %.

5) Essayer un probiotique.

Les probiotiques sont des micro-organismes vivants qui, lorsqu’ils sont ingérés en quantité suffisante sur une période prolongée, peuvent offrir des bienfaits pour la santé. Ce sont des bactéries naturelles et « saines » qui favorisent la digestion et protègent des bactéries nuisibles des intestins. Des études ont démontré que, dans certains cas, les probiotiques peuvent aider à soulager les symptômes du SCI. Si les autres stratégies alimentaires ne se sont pas avérées fructueuses, l’essai d’un probiotique durant 4 semaines (en respectant la posologie recommandée par le fabricant) pourrait aider. Les probiotiques ne sont pas des médicaments. On peut se les procurer sous forme de capsules, de comprimés ou de poudres et on les retrouve également dans certains yogourts enrichis et produits laitiers fermentés. Les probiotiques ne sont toutefois pas tous les mêmes. Il est important de choisir un produit fiable et sécuritaire, qui offre des bienfaits pour les symptômes que vous désirez apaiser. Consultez votre médecin ou votre pharmacien pour savoir quel probiotique pourrait vous convenir. Pour obtenir de meilleurs résultats, il est important de respecter la posologie et la durée de prise du probiotique en suivant les directives du fabricant.

6) Éliminer durant 2 à 4 semaines les aliments que l’on soupçonne être des déclencheurs de symptômes.

Si un aliment particulier semble déclencher les symptômes du SCI, éliminez-le de votre diète durant 2 à 4 semaines. Si vos symptômes ne s’améliorent pas durant cette période, cet aliment n’est probablement pas la cause de vos symptômes.

Vivre avec le SCI

Le SCI est une affection chronique (à long terme), mais gérable. Avec le temps, les symptômes du SCI ne s’aggravent généralement pas et, à l’aide d’un traitement efficace, jusqu’à un tiers des patients atteints du SCI seront un jour asymptomatiques.

Pour traiter le SCI-C

Il est important de trouver une solution qui vous convient afin que vos symptômes diminuent et que vous profitiez d’une meilleure qualité de vie malgré le SCI-C. Votre fournisseur de soins de santé vous aidera à gérer vos symptômes. Il vous conseillera habituellement de commencer par modifier votre mode de vie et votre alimentation. Si ces changements n’apportent pas de soulagement, il pourrait vous prescrire des produits en vente libre ou des médicaments sur ordonnance.

Changements de mode de vie pour le SCI-C

Parfois, le fait d’apporter de simples changements à votre mode de vie peut aider à gérer les symptômes légers du SCI-C, comme : Augmenter votre niveau d’activités : Les exercices réguliers augmentent non seulement votre force, mais ils peuvent aussi favoriser l’évacuation des selles. Intégrer des stratégies qui favorisent le bien-être général : Dormir suffisamment. Cela permet à votre organisme de maintenir les fonctions de base, de restaurations et de gérer le stress.
  • Comme nous l’avons déjà mentionné, le stress peut influencer les habitudes pour aller à la selle. Essayez de trouver des façons de gérer votre stress à la maison, au travail ou à l’école en adoptant de saines pratiques de gestion du temps et en donnant priorité à votre santé,
  • réduisez votre consommation d’alcool
  • ne fumez pas

Changements d’alimentation pour le SCI-C

Certains aliments favorisent la santé des intestins tandis que d’autres peuvent accroître la constipation. Il est important de reconnaître l’influence que certains aliments ont sur votre santé digestive et votre santé en général. Vous trouverez ci-dessous quelques suggestions qui pourraient vous être utiles : Réduire les aliments gras : Si les ballonnements vous incommodent ou si vous avez plus de gaz que d’habitude, votre médecin pourrait vous suggérer d’éliminer les aliments déclencheurs, comme : les boissons gazéifiées, les aliments gras, frits et le sucre raffiné. Augmenter les liquides : Essayez de consommer chaque jour des quantités suffisantes de liquides non caféinés, à faible teneur en sucre. Parmi les liquides sains, notons : l’eau, les jus, le lait et les soupes à faible teneur en sodium. Évitez de consommer des liquides à forte teneur en sucre raffiné ou en édulcorants. Augmenter les fibres solubles : Les fibres solubles sont dérivées des plantes et elles ne peuvent se décomposer ni être absorbées. Ces fibres attirent l’eau et la transforment en gel lors du processus de digestion, ralentissant la digestion et amollissant les selles pour qu’elles soient plus faciles à évacuer. Augmenter les fibres insolubles : Les fibres insolubles ne se décomposent pas et ne sont pas absorbées par le système digestif. Ces fibres donnent du volume aux selles, ce qui les aide à se déplacer dans le tube digestif. Pensez à intégrer le régime FODMAP : Certaines personnes sont sensibles à des types de glucides, comme au fructose, aux fructosanes, au lactose et autres. C’est ce que nous appelons FODMAP (oligo-,di- et monosaccharides et polyols fermentables)). Les FODMAP se retrouvent dans certaines céréales, dans certains légumes, fruits et produits laitiers.

Signes et symptômes du SCI

Les symptômes les plus courants du SCI sont les douleurs abdominales liées aux mouvements de l’intestin et des activités irrégulières de l’intestin menant à une constipation, une diarrhée ou une diarrhée en alternance avec la constipation
  • Douleurs abdominales (crampes) : Les douleurs associées au SCI sont ressenties dans tout l’abdomen. Les épisodes de douleurs peuvent varier en durée et en gravité et la douleur peut augmenter et diminuer avec le temps. Le fait d’aller à la selle soulage souvent la personne de ces douleurs associées au SCI.
  • Constipation : Les symptômes de la constipation peuvent inclure l’évacuation de trois selles ou moins par semaine, l’évacuation de selles dures et sèches ou de petites quantités de selles et des selles souvent laborieuses.
  • Diarrhée : Les symptômes de la diarrhée peuvent inclure l’évacuation de trois selles ou plus par jour, l’évacuation de selles liquides et molles ou le fait de ressentir le besoin urgent d’aller à la selle.

Autres symptômes du SCI :

  • Gaz
  • Brûlures d’estomac
  • Ballonnements
  • Nausée
  • La sensation de ne pas avoir complètement fait ses besoins
  • Mucus blanchâtre (fluide produit dans les intestins) dans ou autour des selles
Même si la plupart des personnes éprouvent de temps en temps des problèmes de digestion, les douleurs abdominales et la diarrhée ou la constipation récurrentes est ce qui caractérise le SCI . À certains moments, la douleur et l’inconfort causés par les symptômes du SCI peuvent être graves et débilitants, et à d’autres moments, ils peuvent être moins gênants ou même se résorber complètement.

Qu’est-ce qui cause le SCI?

La cause exacte du SCI est inconnue, on croit cependant que le SCI est attribuable à plusieurs facteurs. Chez certains patients, cette affection peut être associée à une infection antérieure ou à un événement ayant perturbé le fonctionnement normal des intestins. Il est courant que certaines personnes développent le SCI à la suite d’une infection gastro-intestinale, d’une intoxication alimentaire, de la diarrhée des voyageurs, d’une chirurgie, d’un changement apporté au régime alimentaire ou de l’utilisation d’antibiotiques ou de nouveaux médicaments. Chez d’autres personnes, un déséquilibre des bactéries intestinales ou une fluctuation du niveau hormonal, un changement des signaux qu’envoie le système immunitaire à la paroi digestive ou aux neurotransmetteurs (substances chimiques cérébrales) peuvent également entraîner le développement du SCI. On s’intéresse actuellement beaucoup aux modifications possibles du nombre ou du type de bactéries intestinales, mais le rôle précis que cela peut jouer dans le SCI n’est pas encore connu. Chez les personnes atteintes du SCI, la fonction intestinale peut être modifiée de nombreuses façons :

Motilité (mouvement du contenu à travers les intestins) :

Normalement, des vagues de contractions coordonnées des muscles intestinaux (péristaltisme) transportent les aliments digérés à travers les intestins. Chez les personnes souffrant du SCI, le rythme et la coordination de ces contractions peuvent être modifiés. La modification de cette fonction motrice peut entraîner un mouvement trop rapide des intestins (causant la diarrhée) ou trop lent (causant la constipation) et ainsi causer des spasmes et de la douleur.  

Sensibilité (la façon dont le cerveau interprète les signaux provenant des nerfs intestinaux) :

Le réseau de nerfs entourant les organes de digestion peut devenir inhabituellement sensible. Pour certaines personnes ayant le SCI, même un petit changement dans l’activité intestinale peut provoquer les nerfs pour que ces derniers envoient des messages au cerveau causant ainsi des douleurs abdominales.

Dysfonctionnement des signaux du cerveau aux intestins :

Il se peut que le cerveau des personnes souffrant du SCI ait des problèmes de réception et de traitement des sensations provenant des intestins. Un dysfonctionnement peut se produire le long des différentes voies reliant le cerveau aux intestins, interférant ainsi avec le fonctionnement normal des intestins. De nombreux aspects de la vie quotidienne peuvent déclencher ou aggraver les symptômes du SCI. Les déclencheurs varient d’une personne à l’autre, mais les plus courants sont certains aliments, les médicaments, le stress émotionnel et les fluctuations d’hormones. Les aliments, tout particulièrement la caféine, l’alcool, les boissons gazeuses, les aliments gras, certains fruits et légumes ainsi que le lactose, le fructose et le gluten (les protéines de blé) peuvent causer des problèmes aux personnes atteintes du SCI.

Facteurs de risques

Âge : Le SCI peut toucher les personnes de tous âges, mais il se déclare souvent à l’adolescence ou au début de l’âge adulte. Sexe : Le SCI touche davantage les femmes que les hommes. Antécédents familiaux du SCI : Les personnes dont un parent immédiat (parents, frères ou sœurs) souffre du SCI ont plus de risques de développer cette affection.

Symptômes inquiétants

Le SCI ne présente habituellement pas de symptômes inquiétants et ces derniers peuvent signaler d’autres troubles de santé plus graves. Consultez votre médecin si les symptômes suivants se manifestent :
  • des symptômes qui se manifestent pour la première fois après 50 ans
  • des saignements rectaux avec du sang rouge foncé mélangé aux selles
  • une perte de poids inexpliquée
  • de la fièvre
  • des nausées, des vomissements
  • des douleurs abdominales qui vous réveillent la nuit
  • des symptômes qui s’aggravent en peu de temps Remarque : Il se peut que les personnes ayant des antécédents de cancer du côlon, de maladie cœliaque ou de maladie intestinale inflammatoire doivent subir des tests supplémentaires.

Quels sont les symptômes du SCI-C?

Lorsque vous vivez avec le SCI-C, les symptômes peuvent soudainement empirer (éruption) pour ensuite se résorber sans raison apparente. Lorsque les symptômes se manifestent, ces derniers peuvent être graves, débilitants et durer durant des jours ou des mois.

Les signes et symptômes possibles du SCI-C sont :

  • des douleurs abdominales ou de l’inconfort
  • des gaz, des ballonnements et des distensions abdominales
  • efforts lorsque la personne essaie d’aller à la selle
  • le sentiment que quelque chose bloque votre rectum
  • selles non régulières (moins de trois fois par semaine)
  • le sentiment de ne pas s’être complètement vidé
 

Risques associés au SCI-C

S’il n’est pas soigné, le SCI-C peut possiblement engendrer des complications additionnelles de santé, notamment :
  • hémorroïdes : veines dilatées (vaisseaux sanguins) dans le rectum qui peuvent saigner ou glisser par l’anus.
  • des fissures anales : une fissure dans la paroi de votre anus qui peut se développer lorsque des selles dures et imposantes élargissent le sphincter anal.
  • un fécalome : un bouchon de selles dures ne pouvant être évacuées normalement et qui pourrait nécessiter un retrait manuel.
  • un prolapsus rectal : Les tissus rectaux sortent par l’anus.
  • syndrome des « intestins paresseux » : ce syndrome peut être provoqué par une utilisation fréquente de laxatifs, ainsi les intestins en dépendent pour fonctionner adéquatement.

Causes possibles du SCI-C

La cause du SCI-C n’est pas encore connue. Il existe cependant plusieurs facteurs qui peuvent contribuer à cette affection, notamment :
  • La motilité intestinale : La paroi des intestins se compose de couches de muscles qui se contractent et se détendent à un rythme coordonné à mesure qu’ils propulsent les aliments de votre estomac vers vos intestins par le biais d’un processus appelé le péristaltisme. Pour les personnes atteintes du SCI-C, il se peut que les contractions des intestins soient réduites ou retardées causant des gaz, des ballonnements et un déplacement plus lent des selles.
  • Hypersensibilité nerveuse : La mauvaise coordination des signaux entre le cerveau et les intestins peut faire réagir de manière exagérée votre corps face aux activités ayant lieu lors de la digestion et causant une sensibilité accrue. Ce facteur pourrait expliquer la raison pour laquelle les personnes atteintes du SCI-C souffrent de douleurs abdominales et d’inconfort.
  • Absorption de l’excès de liquide : La constipation survient lorsque les intestins absorbent trop de liquides des selles, ce qui peut se produire à cause des contractions réduites ou retardées des parois abdominales.
  • Connexion cerveau-intestins : Il existe un lien important entre votre cerveau et vos selles. On l’appelle parfois la connexion cerveau-intestins. Chez les personnes atteintes du SCI-C, une mauvaise connexion possible ou une mauvaise communication entre le cerveau et les intestins peut influencer la motilité, la sensibilité à la douleur et l’absorption du liquide. Cette mauvaise connexion peut entraîner des douleurs abdominales, de l’inconfort et la constipation.

Comment diagnostique-t-on le SCI-C?

La cause exacte du SCI-C est inconnue et il n’existe actuellement pas de tests pour établir un diagnostic du syndrome. Les médecins font un diagnostic en fonction de vos antécédents, de vos symptômes et de votre examen physique. Il se peut aussi que l’on vous demande de subir des tests pour diagnostiquer d’autres maladies afin de les éliminer. Il existe deux séries de critères de diagnostic pour le SCI-C qui sont utilisés après que d’autres affections aient été éliminées. Ce sont les critères de Rome et de Manning. Le critère de Rome : Pour répondre à ce critère, les patients doivent avoir ressenti des douleurs abdominales et de l’inconfort qui ont duré au moins durant trois jours par mois au cours des trois derniers mois. De plus, ils doivent avoir souffert d’au moins deux des symptômes suivants :
  • amélioration des symptômes après être allé à la selle
  • changement de la fréquence des selles
  • changement de la consistance des selles
Le critère de Manning : Pour répondre au critère de Manning, on demande aux patients s’ils souffrent de : • douleurs liées au fait d’aller souvent à la selle
  • de selles plus molles associées à de la douleur
  • de douleurs qui sont soulagées par le fait d’aller à la selle
  • ballonnements abdominaux importants
  • lorsqu’ils vont à la selle, est-ce qu’ils ont l’impression de ne pas avoir tout évacué dans plus d’un quart du temps?
  • diarrhée avec du mucus plus d’un quart du temps
Plus la personne souffre de symptômes, plus il y a de probabilité qu’elle obtienne un diagnostic de SCI-C. Le symptôme le plus représentatif du SCI-C est les douleurs abdominales.

Test et traitement du SCI

Souvent, les symptômes eux-mêmes peuvent fournir aux médecins l’information dont ils ont besoin pour établir le diagnostic du SCI. Votre médecin effectuera un examen physique et notera tous vos antécédents médicaux, passant en revue de façon détaillée vos symptômes. Pour cette raison, il est important d’être franc et précis avec votre médecin quant aux problèmes que vous éprouvez. Un ensemble de critères particuliers associés aux symptômes (les médecins les désignent souvent comme les critères de Rome) a été conçu pour aider les médecins à poser le diagnostic du SCI. Selon ces critères, on soupçonne qu’une personne souffre du SCI en fonction des symptômes indiqués à droite. Pour les personnes jeunes, le diagnostic peut être fait avec confiance selon les critères symptomatiques, l’absence de tout signe avant-coureur dans leurs antécédents médicaux ou leur examen physique (p. ex., sang dans les selles, symptômes réveillant les patients la nuit, d’importants antécédents familiaux de cancer du côlon, une perte de poids inexpliquée). Le syndrome du côlon irritable n’est pas détecté par des tests de laboratoire, des rayons X ou une endoscopie. Votre médecin peut toutefois demander que vous subissiez d’autres tests, surtout si vous présentez des signes avant-coureurs. Pour éliminer la possibilité d’autres infections ou de problèmes sous-jacents, ces tests peuvent inclure ce qui suit :

Analyses sanguines :

Les analyses sanguines peuvent aider à écarter l’anémie, le diabète, une fonction thyroïdienne anormale, la maladie cœliaque et des changements dans les taux de calcium qui peuvent affecter le tube digestif.

Test d’échantillons de selles :

Une analyse des selles permet de détecter s’il y a du sang dans les selles et d’écarter les infections bactériennes, une malabsorption du tube digestif, des parasites et d’autres problèmes digestifs.

Tests d’imagerie :

Votre médecin peut demander que vous subissiez des tests pour voir à l’intérieur de vos organes digestifs inférieurs. On effectue ces tests pour éliminer tout problème de santé plus grave. Ces tests sécuritaires peuvent aider à identifier des problèmes, comme des ulcères, des polypes (des excroissances sur la paroi des intestins), le cancer du côlon ou la maladie intestinale inflammatoire et incluent :
  • La colonoscopie : Un mince tube flexible équipé d’une lumière et d’une minuscule caméra est introduit dans le gros intestin (le côlon) par le rectum. Le colonoscope permet à votre médecin d’examiner la paroi des sections supérieures et inférieures de votre côlon.
  • Sigmoïdoscopie flexible : Lors d’une intervention semblable à la colonoscopie, un tube flexible permet à votre médecin d’examiner la paroi de la partie inférieure de votre côlon.
  • Coloscopie par tomodensitométrie : Dans la plupart des cliniques, les lavements barytés ont été remplacés par les coloscopies par tomodensitométrie. Ce scintigramme prend des images transversales de l’abdomen et utilise un logiciel spécial pour créer des images en trois dimensions du côlon. Ce test est très précis pour détecter les plus gros polypes et les cancers.

Tests alimentaires :

  • Intolérance au lactose : L’intolérance au lactose (l’incapacité à digérer le sucre contenu dans le lait) peut causer des symptômes gastro-intestinaux semblables à ceux du SCI. Votre médecin peut écarter l’intolérance au lactose en effectuant une épreuve respiratoire à l’hydrogène ou en vous demandant d’éliminer le lactose de votre régime alimentaire durant deux semaines, et en le réintroduisant par la suite et en consignant vos symptômes.
  • Maladie cœliaque : La maladie cœliaque (une affection du système immunitaire qui réagit au gluten, une protéine que l’on retrouve dans le blé) cause des dommages à la paroi du petit intestin et peut aussi engendrer des symptômes semblables à ceux du SCI. Votre médecin peut écarter la maladie cœliaque en effectuant une simple analyse sanguine en cabinet ou à la maison à l’aide d’une trousse pouvant être achetée en pharmacie. Vous devez manger du gluten au moment de faire le test afin que les résultats soient exacts. Si l’analyse sanguine est positive, une biopsie sera nécessaire pour confirmer le diagnostic de la maladie cœliaque.

Médication

Votre médecin peut vous donner une ordonnance ou vous recommander des produits en vente libre si vos symptômes sont graves et si les stratégies pour modifier votre mode de vie et votre alimentation n’ont pas fonctionné. Généralement, les médicaments ciblent le symptôme dominant, p. ex., la diarrhée, la constipation ou la douleur.
  • Les médicaments antispasmodiques peuvent aider à réduire les spasmes musculaires, les douleurs abdominales et les crampes.
  • Les antidépresseurs, à faible dose, agissent sur les messagers chimiques du tube digestif et peuvent aider à soulager la diarrhée, les douleurs et les crampes. À dose plus élevée, ces médicaments soignent la dépression et l’anxiété qui peuvent accompagner le SCI.
  • Les médicaments antidiarrhéiques, comme le Loperamide (Imodium®), peuvent aider à contrôler la diarrhée en réduisant la fréquence des selles et en ralentissant le mouvement des intestins.
  • Les laxatifs accélèrent le mouvement des selles à travers les intestins et peuvent être prescrits aux personnes souffrant de constipation. Les laxatifs sont offerts par ordonnance ou en des formulations en vente libre. Consultez votre médecin pour savoir lesquels vous conviennent le mieux.
  • Les agents prosécrétoires et les agents analgésiques augmentent la quantité de liquide dans le tube digestif tout en réduisant la sensibilité des nerfs sensibles à la douleur dans les intestins. Il a été démontré que ces agents amollissaient les selles et augmentaient leur fréquence, qu’ils réduisaient les ballonnements et les douleurs abdominales chez les patients atteints du SCI.

Comment savoir si mon traitement fonctionne?

Pour certaines personnes, il y aura une grande amélioration de leurs symptômes en très peu de temps après avoir apporté des modifications à leur style de vie et à leur régime alimentaire. Pour d’autres, le processus sera plus long et ces dernières pourraient attendre plus longtemps avant d’observer une amélioration notable de leurs symptômes. Il est important que vous travailliez en collaboration avec votre médecin afin de déterminer ce qui déclenche vos symptômes et de trouver le bon traitement pour favoriser le retour à un fonctionnement plus normal des intestins.

Existe-t-il des complications au SCI?

Bien que le SCI cause des douleurs et du stress, il n’endommage pas l’intestin d’une façon permanente et ne cause pas le cancer ni d’autres maladies graves.

Pour traiter le SCI-C

Médicaments pour le SCI-C

Même si les changements au mode de vie et les changements alimentaires peuvent jouer un rôle dans la gestion des symptômes légers du SCI-C, si vos symptômes ne s’améliorent pas ou même empirent, il se peut que vous nécessitiez une intervention supplémentaire. Des produits en vente libre et des traitements sur ordonnance sont offerts pour traiter le SCI-C. Les médicaments en vente libre sont conseillés pour une utilisation occasionnelle et à court terme. Si vos symptômes restent inchangés, vous devriez consulter votre fournisseur de soins de santé. Avec les bons médicaments, vous devriez trouver du soulagement et ne pas laisser le SCI-C nuire à vos activités quotidiennes et à votre qualité de vie. Les traitements en vente libre incluent : Les laxatifs osmotiques sont des laxatifs non stimulants qui éliminent l’eau dans le côlon, augmentent la fréquence des selles et permettent aux selles de se déplacer plus facilement à travers le côlon. Les laxatifs mucilagineux sont des laxatifs non stimulants contenant des fibres. Les fibres produisent de l’eau dans les intestins pour adoucir les selles et augmenter le volume fécal. Le psyllium ou la méthylcellulose sont les laxatifs mucilagineux les plus fréquemment utilisés. Les émollients fécaux sont des laxatifs non stimulants qui ramollissent les selles en réduisant la surface de tension et en permettant aux fluides intestinaux de pénétrer la masse fécale pour la rendre plus molle et facile à évacuer. Les laxatifs stimulants stimulent les nerfs et les muscles des intestins et provoquent les selles en augmentant la contraction des muscles des intestins afin d’évacuer les selles plus rapidement à travers le côlon. Certains patients atteints du SCI-C ne trouvent pas de soulagement avec les changements apportés au mode de vie et à leur alimentation ni avec les médicaments en vente libre. Ces personnes doivent suivre un traitement à long terme sécuritaire et efficace. Il existe actuellement deux catégories de médicaments sur ordonnance qui pourraient aider, soit : Les agents pro-cinétiques qui stimulent le mouvement et les contractions des intestins afin d’augmenter la vitesse à laquelle les selles se déplacent à travers les intestins, augmentant ainsi la fréquence des selles et réduisant les symptômes du SCI-C. Les agents prosécrétoires et les agents analgésiques augmentent la quantité de liquide dans le tube digestif tout en réduisant la sensibilité des nerfs sensibles à la douleur dans les intestins. Il a été démontré que ces agents amollissaient les selles et augmentaient leur fréquence, qu’ils réduisaient les ballonnements et les douleurs abdominales chez les patients atteints du SCI-C.    

Foire aux questions sur le SCI

Quelle est la cause de la flatulence excessive et des rots ? Quels sont les tests nécessaires que je peux effectuer pour confirmer la cause et le traitement de mes symptômes (aliments ou médicaments) ?

C'est un problème assez courant ! En effet, la plupart des gens produisent des gaz intestinaux qui sortiront du corps à travers le rectum. Bien que produire du gaz intestinal reste un phénomène normal, la flatulence et les rots peuvent être inconfortables et gênants.  Les mouvements (contractions) des intestins qui aident à chasser les gaz et les fluides hors du corps peuvent provoquer des gargouillements d’estomac.   Le gaz excessif dans le tube digestif provient de deux sources principales : 1) L’habitude d’avaler de l’air peut entrainer des rots excessifs.  Il est conseillé de manger lentement, d’éviter de mâcher du chewing-gum  et de fumer, de traiter les problèmes qui mènent à l'accumulation du flegme à l'arrière de la gorge (écoulement rétro-nasal) et d’éliminer l'habitude de raclement de la gorge et la déglutition. Ces mesures peuvent aider à réduire la quantité d’air avalé dans votre organisme.  Trop souvent, les éructations entrainent un réflexe instinctif d’avaler de l’air, suivi par des accumulations gazeuses. On vous encourage de faire un effort conscient de ne pas avaler de l’air après chaque rot. 2) Et deuxièmement, les gaz peuvent se former à la suite de la décomposition de certains produits alimentaires, surtout les glucides, par des bactéries normalement présentes dans le gros intestin. Les aliments qui causent des gaz comprennent les haricots, le brocoli, le chou, les boissons aux fruits, les  boissons gazeuses et les produits laitiers. Le produit Beano (disponible en vente libre) peut contribuer à réduire la formation des gaz quand vous avez mangé beaucoup de fruits et de légumes. Il n'existe aucune approche thérapeutique ou diagnostic qui s'applique à tout le monde.  Je vous suggère de communiquer avec votre médecin de famille et de discuter de vos symptômes et des tests que vous pouvez effectuer afin d’apaiser les malaises de ce trouble digestif.    

Recommandez-vous l’hydrothérapie du côlon ou les lavements classiques pour maintenir un côlon en bonne santé?

Il n'y a aucune preuve scientifique qui appuie les avantages de la pratique de l’hydrothérapie du côlon ou des lavements classiques à la santé humaine.  Au contraire, l’hydrothérapie du côlon peut causer de sérieux problèmes de santé chez les personnes atteintes de maladies associées au côlon non diagnostiquées et de maladies sous-jacentes.   Les gaz et les gargouillements d’estomac.
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