Qu’est-ce qu’une intolérance alimentaire?

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Cet article a été rendu possible grâce à une subvention éducative sans restriction de Sperri – le premier substitut de repas à base de plantes au Canada.
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Si vous ressentez constamment des symptômes désagréables, comme des ballonnements ou des douleurs abdominales, quelques heures après avoir mangé un type spécifique d’aliment, vous pourriez avoir une intolérance alimentaire et vous n’êtes pas seul.e! Les intolérances alimentaires sont très courantes. D’ailleurs, un rapport datant de 2021 de l’Université Dalhousie suggère qu’environ 6,8 à 7,4 millions de Canadiens sont atteints d’au moins une intolérance alimentaire. (1) La FCSD est bien consciente qu’il peut être frustrant d’essayer de mettre précisément le doigt sur l’intolérance alimentaire. Souvent, il se peut que les gens ne se rendent même pas compte que leurs symptômes sont causés par une intolérance alimentaire, croyant à tort que les symptômes proviennent de quelque chose d’autre. (2) 

Par définition, une intolérance alimentaire est une réaction adverse à une substance alimentaire ou un ingrédient. Elle affecte le système digestif en provoquant une incapacité à digérer ou à absorber certains aliments. Généralement, les symptômes surviennent quelques heures après avoir mangé et peuvent inclure : 

  • des nausées 
  • des douleurs abdominales
  • de la diarrhée
  • des ballonnements
  • des vomissements
  • des flatulences
  • des irritations et des démangeaisons cutanées

Il est important de noter qu’une intolérance alimentaire ne constitue habituellement pas un danger de mort, et il est souvent difficile d’établir pourquoi une personne est sensible à certains aliments. 

En quoi une intolérance alimentaire diffère-t-elle d’une allergie alimentaire?

Plutôt qu’une réaction du système digestif, une allergie alimentaire est une réaction qui implique votre système immunitaire. Votre système immunitaire réagit à une protéine alimentaire ou un allergène que vous avez consommés et que votre organisme considère comme nocifs. Contrairement à une intolérance alimentaire, les symptômes associés aux allergies alimentaires surviennent quelques minutes après avoir consommé même une petite quantité d’un aliment ou une trace de l’allergène. Les symptômes peuvent être de légers à graves, et peuvent inclure :

  • des rougeurs
  • de l’urticaire
  • des nausées
  • de la diarrhée 
  • des démangeaisons cutanées
  • un essoufflement
  • des douleurs thoraciques

Les allergies alimentaires peuvent mener à l’anaphylaxie, une réaction potentiellement mortelle. Il existe plusieurs types d’allergies alimentaires et les plus courantes sont celles causées par les mollusques et crustacés, les noix, le poisson, les œufs, les arachides et le lait. Dans une étude de l’Université Dalhousie réalisée en 2021, on suggère qu’environ 2,5 à 3,1 millions de Canadiens souffrent d’au moins une allergie alimentaire. (1) La FCSD recommande de consulter un médecin afin de déterminer si vous êtes atteints d’une allergie ou d’une intolérance alimentaire et d’établir un plan pour aider à contrôler les symptômes. 

Même si nous ne connaissons pas encore tous les faits concernant les intolérances et les sensibilités alimentaires, les scientifiques s’efforcent de les comprendre. Dans le présent article, nous discuterons de ce que nous savons concernant les sept principales intolérances alimentaires. Allons-y!

Lactose

L’intolérance au lactose est l’intolérance alimentaire la plus courante! Les personnes intolérantes au lactose ressentent des symptômes désagréables après avoir mangé ou bu des produits laitiers. Normalement, lorsqu’une personne mange quelque chose contenant du lactose, une enzyme produite dans l’intestin grêle et appelée la lactase, décompose le lactose en des composants simples (soit des sucres simples, appelés le glucose et le galactose). Ces sucres simples peuvent ensuite être absorbés dans la circulation sanguine et vous fournissent l’énergie dont vous avez besoin. 

Si vous êtes intolérant.e au lactose, votre organisme ne produit pas suffisamment de lactase pour décomposer le lactose, et, par conséquent, les molécules non digérées de lactose se déplacent dans les parties inférieures de l’intestin. À cet endroit, le lactose non digéré rencontre des bactéries qui entament la digestion par le biais d’un processus de fermentation. Le résultat de cette fermentation (hydrogène, dioxyde de carbone, gaz de méthane et acides gras à chaîne courte) entraîne plusieurs des symptômes révélateurs de l’intolérance au lactose, comme les flatulences et la diarrhée. (3)

Même s’il n’existe réellement aucun remède pour l’intolérance au lactose, la plupart des personnes gèrent leurs symptômes en diminuant la quantité de lactose dans leur alimentation ou utilisent des enzymes de lactase offertes sur le marché.

Heureusement, il existe plusieurs produits laitiers exempts de lactose dans les supermarchés, comme du lait, du yogourt, du fromage et de la crème glacée sans lactose qui ont bon goût et conviennent aux personnes intolérantes au lactose! 

Woman with stomach pain holding a glass of milk. Dairy Intolerant person. Lactose intolerance, health care concept.

Gluten

Le gluten est une protéine que l’on retrouve dans le blé, le seigle et l’orge. L’intolérance au gluten (ou sensibilité au gluten) est différente de la maladie cœliaque. Si vous êtes atteint.e de la maladie cœliaque, le fait de consommer du gluten endommage la villosité (les petites structures semblables à des doigts) qui recouvre la paroi de votre intestin grêle. Ces lésions empêchent les nutriments d’être absorbés adéquatement. Certaines personnes obtiennent un résultat négatif à la maladie cœliaque et ne présentent aucun signe de lésions intestinales. Par contre, elles réagissent tout de même négativement lorsqu’elles consomment du blé et elles ressentent des symptômes, comme des douleurs abdominales, de la fatigue et des maux de tête. On dit alors que ces personnes sont sensibles ou intolérantes au gluten. La sensibilité au gluten se caractérise par un spectre de gravité, ce qui signifie que les personnes ne réagissent pas toutes aux mêmes quantités ou types d’aliments contenant du gluten ni de la même façon.

Les personnes ayant une intolérance au gluten peuvent trouver du soulagement en réduisant la quantité de gluten de leur régime alimentaire, ou en éliminant complètement le gluten de leur alimentation. Il existe d’excellents produits sans gluten sur le marché, comme des pains, des produits de boulangerie, des sauces, des mélanges à soupes, des produits laitiers et des boissons sans gluten que vous pouvez consommer pour remplacer les produits traditionnels faits à la farine de blé. (4)

Sucrose

Vous avez bien lu, le sucre! Le sucrose est un disaccharide, ce qui signifie que ce sont deux molécules individuelles de sucre liées ensemble. Pour que l’organisme les absorbe, les sucres liés doivent être divisés et décomposés. Des enzymes sont nécessaires pour faciliter cette décomposition et transformer les molécules de sucre en des monosaccharides, qui sont assez petits pour être absorbés par l’organisme. Si une personne ne possède pas ou pas assez d’enzymes pour digérer la sucrase, on dit qu’elle est intolérante au sucrose.

Les personnes intolérantes au sucrose reçoivent habituellement un diagnostic tôt dans la vie, tandis que les autres intolérances sont habituellement diagnostiquées tard dans la vie, voire à l’âge adulte. L’intolérance au sucrose peut se manifester de deux façons – la première, que l’on appelle une insuffisance congénitale en sucrase-isomaltase (à la naissance) et la deuxième, se développe à la suite de lésions intestinales causées par le  syndrome du côlon irritable (SCI), la maladie cœliaque, la PBIG et d’autres troubles digestifs. Les symptômes les plus courants de l’intolérance au sucrose incluent la diarrhée, les selles et les flatulences nauséabondes, les douleurs abdominales, le ballonnement et ces derniers surviennent habituellement après avoir mangé.  

Le sucrose se retrouve dans une variété d’aliments, comme :

  • Les édulcorants, comme le sucre de table, le sirop d’érable, le sucre de canne et la cassonade
  • Les fruits, comme les pommes, bananes, dates, pamplemousses, pêches
  • Les légumes, comme les fèves, lentilles, pois, cornichons sucrés
  • Les féculents/glucides, comme les tartes, muffins, biscuits, barres granolas, confitures

La tolérance à ces aliments dépend de la quantité consommée. De petites quantités peuvent être tolérées, mais des symptômes commenceront à apparaître si la personne consomme de plus grandes quantités. (5) Les personnes ayant une intolérance au sucrose ont souvent recours à un traitement enzymatique substitutif, ainsi qu’à des mesures alimentaires, comme un régime alimentaire exempt de disaccharides pour gérer leurs symptômes. Dans la plupart des cas, ce n’est pas un régime de tout ou rien, mais qui consiste plutôt à déterminer quelles quantités de ces glucides vous pouvez tolérer – alors consultez une diététiste pour apprendre ce qui VOUS convient le mieux. 

Maltose

Le maltose est un autre disaccharide, semblable au sucrose. L’intolérance au maltose ressemble à celle au sucrose, car elle se manifeste aussi en raison du fait qu’une personne présente une carence en une enzyme (la maltase, dans ce cas) qui divise normalement les molécules en des monosaccharides simples qui peuvent ensuite être traités et digérés par l’intestin. Si une personne est intolérante au maltose, la consommation de produits céréaliers et de légumes riches en féculents qui contiennent du maltose aura comme effet des symptômes, comme la diarrhée, le ballonnement, l’excès de gaz et des douleurs abdominales.  

Parmi les aliments riches en maltose, notons :

  • Les crêpes
  • Les patates douces
  • Le pain français
  • Les rondelles d’oignon
  • Les bagels
  • La pizza
  • Les hamburgers
  • Les fèves edamame 

On utilise souvent le maltose comme un agent sucrant dans les aliments et les boissons qui ajoute de la texture et un goût sucré. Actuellement les fabricants d’aliments sont en train de commencer à utiliser le sirop de maltose pour remplacer le sirop de maïs à teneur élevée en fructose. 

Histamine

L’histamine est un composé chimique influençant plusieurs systèmes de l’organisme, comme la digestion, l’immunité et les processus neurologiques. L’intolérance à l’histamine est légèrement différente des autres intolérances. Ce n’est pas nécessairement une intolérance à l’histamine, mais une réaction de l’organisme indiquant qu’il y en a en excès. L’histamine est une réponse chimique de l’organisme à une réaction allergique, mais elle peut aussi être ingérée par les aliments. (6, 7) Les symptômes de l’intolérance à l’histamine sont semblables à ceux des allergies traditionnelles. Ils incluent de l’urticaire et des démangeaisons, une congestion nasale, des maux de tête, de l’hypotension artérielle, de l’écoulement nasal et plus. 

Parmi les aliments riches en histamine, notons : 

  • l’alcool
  • les produits fermentés, comme le yogourt, le kéfir et la choucroute
  • le fromage, comme la ricotta, le fromage cottage, les fromages à pâte molle et dure
  • les légumineuses, comme les haricots rouges, les pois chiches et les arachides
  • les tomates
  • les épinards
  • les viandes transformées ou fumées, comme le salami, la bologne, le pepperoni

Certains problèmes de santé, telle la maladie de Crohn, le reflux gastro-œsophagien pathologique ou un déséquilibre du microbiote peuvent entraîner un risque accru d’intolérance à l’histamine. (6) Une intolérance à l’histamine est complexe, et peut nécessiter une analyse approfondie pour comprendre la limite de tolérance à l’histamine qui vous est propre. La FCSD recommande de consulter un.e diététiste ayant de l’expérience en matière d’intolérance alimentaire pour vous renseigner sur le contenu en histamine des aliments et pour s’assurer que vous consommiez tous les nutriments dont vous avez besoin.

Tyramine

La tyramine est un acide aminé naturellement présent dans plusieurs aliments. La tyramine peut généralement être consommée en toute sécurité, cependant si vous avez souffert de maux de tête ou si vous prenez des inhibiteurs de la monoamine-oxydase (IMAO), il se peut qu’on vous ait déjà mentionné d’éviter ou de restreindre la quantité de tyramine dans votre alimentation. Les autres symptômes de l’intolérance à la tyramine incluent : la transpiration, de l’urticaire, des étourdissements, des frissons, une accélération du rythme cardiaque et de l’hypotension artérielle. 

Parmi les aliments riches en tyramine, notons :

  • le vin (surtout le vin rouge), la bière
  • les viandes ayant été vieillies ou préservées par salaison ou fumage (salami, pepperoni, bacon)
  • les fromages vieillis (gouda, suisse, parmesan)
  • les framboises, les aubergines et les tomates 
  • le pain au levain

Un régime alimentaire faible en tyramine peut s’avérer une solution simple pour soulager cette intolérance. Consultez votre médecin ou votre diététiste avant d’apporter tout changement à votre alimentation. 

GMS

Le glutamate monosodique (GMS) se compose d’eau, de sodium et de glutamate. Le glutamate est un acide aminé (une protéine). On ajoute du GMS à plusieurs produits, comme la viande, les soupes, la volaille, les ragoûts, les casseroles, les fruits de mer, les collations et les plats aux légumes pour rehausser leurs saveurs naturelles. On le retrouve également naturellement dans des aliments, comme le maïs, les pois verts et les tomates. Certaines personnes pourraient être sensibles au GMS et signaler des symptômes temporaires, tels que des picotements et (ou) une sensation de brûlure, des maux de tête, des nausées et des douleurs thoraciques. 

Voici des aliments auxquels on ajoute souvent du GMS :

  • les mets chinois
  • les légumes en conserve
  • les soupes
  • les viandes transformées

Parmi les aliments dans lesquels le GMS est naturellement présent, notons : 

  • les pois verts
  • les raisins
  • les tomates ou le jus de tomates
  • les champignons
  • le maïs

Selon Santé Canada et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le GMS n’est pas considéré comme un danger pour la santé, lorsqu’il est consommé en petites quantités. Consultez toujours un.e diététiste si le GMS dans votre régime alimentaire vous préoccupe. (8)

Quelle est la prochaine étape?

Pour traiter une intolérance alimentaire, vous pouvez réduire votre consommation des aliments à problème et traiter vos symptômes lorsque vous mangez un aliment à problème. Surveiller vos symptômes et les aliments que vous consommez peut vous aider à déterminer quels types d’aliments causent vos symptômes. Pour vous aider à gérer votre intolérance, il est recommandé d’avoir recours à du soutien professionnel, comme un.e diététiste ayant de l’expérience dans ce domaine.


Références

(1) Dalhousie University. 2021. Dalhousie Report Allergies. https://cdn.dal.ca/content/dam/dalhousie/pdf/sites/agri-food/Dal%20Report%20Allergies%20EN%20(Oct%2020%202021).pdf

(2) Zopf, Y. 2009. The differential diagnosis of food intolerance. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2695393/

(3) Cleveland Clinic. 2015. Food problems: Is it an allergy or an intolerance. https://my.clevelandclinic.org/health/diseases/10009-food-problems-is-it-an-allergy-or-intolerance

(4) Roszkowska, A. 2019. ¬Non-celiac gluten sensitivity: A review. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6630947/

(5) Burkhart, A. n.d. Sucrose intolerance: Sugar and Stomach Problems. https://theceliacmd.com/sucrose-intolerance/

(6) Osborn, C. Low-Histamine Diet. https://www.healthline.com/health/low-histamine-diet

(7) Anthony, K. 2019. Histamine intolerance. https://www.healthline.com/health/histamine-intolerance

(8) Dietitians of Canada. 2021. The truth about MSG. https://www.unlockfood.ca/en/Articles/Food-allergies-intolerances/The-Truth-about-MSG.aspx