Pensez-vous souffrir du syndrome du côlon irritable (SCI)?

Share

Pensez-vous souffrir du syndrome du côlon irritable (SCI)?

Douleur abdominale, ballonnements, crampes, constipation, diarrhée, etc. Nous souffrons tous de ces troubles gastro-intestinaux désagréables de temps à autre. Toutefois, lorsque ces symptômes se présentent régulièrement et nuisent à votre qualité de vie, vous pourriez vous demander s’ils indiquent la présence d’un plus gros problème. Mais n’ayez crainte, la Fondation canadienne de la santé digestive (CDHF) est là! Vous trouverez ci-dessous un résumé des symptômes courants associés au SCI et de la façon dont la maladie est généralement diagnostiquée. Veuillez noter que cette information ne doit pas remplacer les conseils et soins médicaux de votre médecin.

Qu’est-ce que le syndrome du côlon irritable (SCI) et quels en sont les symptômes courants?

Le SCI est un trouble qui touche l’intestin. Il est associé à des problèmes de motilité (mouvement des aliments digérés dans l’intestin) et de sensibilité (façon dont le cerveau interprète les signaux des nerfs intestinaux) qui entraînent une douleur abdominale, des modifications de la consistance et de la fréquence des selles et d’autres symptômes. Bien que la maladie soit souvent incommodante, débilitante et gênante, il pourrait vous rassurer de savoir que le SCI NE met PAS la vie en danger et ne mène pas au cancer ou à d’autres maladies plus graves.

Le SCI est très fréquent. En fait, le taux de prévalence de la maladie au Canada compte parmi les plus élevés au monde, soit environ 18 % comparativement à 11 % mondialement (Lovell et al.2012). Toutefois, la cause exacte du SCI est inconnue, et l’on croit que la maladie pourrait être causée par l’un de plusieurs facteurs. Chez certaines personnes, elle pourrait être associée à une infection ou à un événement qui a perturbé le fonctionnement normal de l’intestin par le passé.

Les gens voient fréquemment apparaître un SCI à la suite d’une infection gastro-intestinale, d’une intoxication alimentaire, d’une diarrhée du voyageur, d’une intervention chirurgicale, d’une modification de l’alimentation ou d’un traitement médicamenteux. Chez d’autres, un déséquilibre des bactéries dans l’intestin ou une modification des taux d’hormones, de signalisation immunitaire dans la paroi intestinale ou de neurotransmetteurs (substances chimiques dans le cerveau) pourraient également entraîner l’apparition du SCI. On s’intéresse actuellement à des modifications possibles du nombre ou du type de bactéries dans l’intestin, mais le rôle exact que pourrait jouer ce facteur dans le SCI demeure inconnu.

Le SCI n’est pas une maladie à visage unique, mais plutôt un ensemble de symptômes abdominaux et intestinaux. Les symptômes courants qui appuient un diagnostic de SCI sont les suivants :

  • douleur abdominale;
  • ballonnements;
  • selles de consistance anormale (dures et [ou] molles);
  • fréquence anormale d’évacuation des selles (moins de trois fois par semaine ou plus de trois fois par jour);
  • effort pour déféquer;
  • défécation impérieuse;
  • crampes;
  • sensation de ne pas avoir complètement évacué le contenu de l’intestin au moment de la défécation;
  • mucus dans les selles.

Pour distinguer le SCI des troubles gastro-intestinaux temporaires, les experts soulignent la nature chronique (longue durée) et récidivante du SCI et utilisent des critères fondés sur le taux de survenue des symptômes et la durée de ceux-ci pour diagnostiquer la maladie (Quigley et al.2016).

Critères de Rome IV

En mai 2016, la Rome Foundationa publié les nouveaux critères de Rome IV pour le diagnostic du syndrome du côlon irritable (SCI). Partout au monde, les médecins se fient aux lignes directrices de cet organisme lorsqu’ils établissent un diagnostic de SCI. 

Selon les critères diagnostiques de Rome IV, le SCI se caractérise par une douleur abdominalerécurrente qui survient en moyenne au moins un jour par semaine au cours des trois derniers mois et qui est associée à deux ou plus des types de symptômes suivants :

  • symptômes liés à la défécation;
  • symptômes liés à une modification de la fréquence des selles;
  • symptômes liés à une modification de la consistance (aspect) des selles.

Chaque personne est différente. C’est également le cas pour vos selles. Il est important de noter que la modification des selles peut être la constipation pour certaines personnes, la diarrhée pour d’autres, ou l’alternance entre les deux. Les critères de Rome IV reconnaissent les sous-types de SCI ci-dessous qui reposent sur l’habitude intestinale prédominante signalée par la personne lorsqu’elle ne prend pas de médicaments.

Le SCI n’est pas matière à rire. Les personnes qui souffrent de la maladie se disent fréquemment déprimées, gênées et embarrassées. L’impossibilité de prédire la survenue des symptômes représente un fardeau important pour la vie quotidienne. Elle peut réduire la productivité et le rendement au travail, nuire à la qualité des relations et limiter la participation aux activités sociales courantes (IBS Impact Report, 2018).

Reconnaissez-vous les caractéristiques des selles et les symptômes présentés ci-dessus?

Vous devriez consulter votre médecin. L’American Gastroenterology Association(AGA) recommande aux patients de prendre les trois mesures ci-dessous pour améliorer la communication avec leur médecin.

  1. Parlez-en rapidement :Parlez à votre médecin le plus rapidement possible après l’apparition des symptômes, non seulement à vos amis et à votre famille.
  2. Parlez de tout :Décrivez les symptômes à votre professionnel de la santé, y compris leur impact sur votre vie, votre santé mentale, votre travail et vos relations sociales. Une bonne façon de le faire, c’est de télécharger notre nouvelle application (offerte bientôt!). Elle vous aide à faire le suivi de vos symptômes au quotidien et à les organiser à l’aide de tableaux et de graphiques faciles à comprendre pour votre médecin.
  3. Parlez souvent :Informez votre médecin de l’évolution de vos symptômes après l’instauration de tout nouveau traitement afin qu’il puisse envisager d’autres approches thérapeutiques.

Vous n’êtes pas seul(e)!

Il est très important de vous rappeler que vous n’êtes pas seul(e) à composer avec le syndrome du côlon irritable (SCI). Des millions de personnes comme vous tentent peut-être de trouver les meilleures façons de prendre en charge leurs symptômes. En collaborant avec votre professionnel de la santé, vous pourriez également envisager de vous joindre à un groupe de soutien pour les personnes atteintes du SCI, comme Chassez le SCI, pour découvrir comment d’autres patients vivent avec la maladie. La possibilité de discuter de symptômes et de stratégies d’adaptation avec d’autres personnes aux prises avec des difficultés semblables représente un autre outil pratique dans la trousse qui vous aide à composer avec le SCI.

Avril est le mois de la sensibilisation au SCI! Restez à l’affût d’autres articles sur la maladie, y compris le rôle que joue votre microbiome et des façons de prendre en charge le SCI fondées sur des données probantes, ainsi que d’autres outils pour vous aider à vivre avec la maladie au quotidien.

 


Références

Quigley EM, Fried M, Gwee KA, et al.World Gastroenterology Organisation (WGO) global guidelines irritable bowel syndrome: a global perspective update. J Clin Gastroenterol. 2016;50(9):704-13.

American Gastroenterological Association (AGA). IBS in America. Summary Survey Findings 2015.

IBS Global Impact Report (2018, consulté en mars 2019). https://www.badgut.org/wp-content/uploads/IBS-Global-Impact-Report.pdf.

Lovell RM and Ford AC. Global prevalence of and risk factors for irritable bowel syndrome: A meta-analysis. Clin Gastroenterol Hepatol. 2012 Jul;10(7):712-21.e4.

 

 

Not sure
what’s causing
your symptoms?
Close

Where are you experiencing discomfort?

Click on the buttons on the body to the left or click from the list below where you are experiencing discomfort.