Identifier les facteurs de risque des MICI : La première étape de la prévention des MICI
En 2023, environ 322 600 Canadiens – soit environ 0,8 % de la population – vivaient avec une maladie inflammatoire de l’intestin (MII), un chiffre qui devrait passer à 470 000 d’ici 2035. Un chiffre stupéfiant de 1,1 % de la population ! Cette tendance est encore plus prononcée chez les enfants de moins de six ans, qui connaissent l’augmentation la plus rapide du nombre de nouveaux diagnostics et sont confrontés à des défis uniques à mesure qu’ils grandissent. La prévalence des MII augmentant rapidement au Canada, il est plus important que jamais de comprendre les facteurs de risque des MII qui contribuent à cette maladie chronique.
Mais d’abord, qu’est-ce qu’une maladie inflammatoire de l’intestin (MII) ?
Les maladies inflammatoires de l’intestin (MII) sont des affections chroniques qui provoquent une inflammation du tube digestif, entraînant souvent des symptômes désagréables tels que des douleurs abdominales, des diarrhées, de la fatigue et une perte de poids.
Elles comprennent principalement la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse, qui diffèrent par l’endroit où elles provoquent l’inflammation, mais dont les symptômes sont similaires. Les MICI ne sont pas seulement un problème digestif : elles peuvent affecter le bien-être général d’une personne, de sa santé mentale à sa résistance physique.
Pourquoi est-il important de réduire la prévalence des MICI au niveau national ?
Le nombre de cas de MII augmentant rapidement, cela représente une charge importante pour le système de santé canadien. Les patients atteints de MICI ont souvent besoin de visites médicales fréquentes, d’hospitalisations, d’examens spécialisés et de médicaments à long terme. Cette situation met à rude épreuve les prestataires de soins de santé et entraîne une augmentation des coûts.
En outre, comme de plus en plus d’enfants et de personnes âgées sont diagnostiqués, le besoin de soins complexes et à long terme ne cesse de croître, d’autant plus que les adultes plus âgés présentent davantage de complications. Le fardeau s’étend également à la perte de productivité, car de nombreuses personnes atteintes de MII sont confrontées à des difficultés au travail et dans leurs activités quotidiennes en raison de leurs symptômes. Dans l’ensemble, la prévalence élevée et la nature permanente des MII font augmenter les coûts et créent une demande constante sur les ressources de santé du Canada.

Quelles sont les causes des MICI ?
La prise en charge des MICI implique souvent des médicaments, des changements de mode de vie et, dans certains cas, une intervention chirurgicale pour aider à contrôler les symptômes et améliorer la qualité de vie. Bien que la cause exacte ne soit pas claire, le développement de la maladie est influencé par de nombreux facteurs, dont les suivants
- Génétique
- Facteurs liés à l’environnement et au mode de vie
- Régime et nutrition
- Microbiote intestinal
Par conséquent, en identifiant ces facteurs de risque de MICI à un stade précoce, les individus et les prestataires de soins de santé peuvent travailler ensemble pour réduire la probabilité de développer une MICI. Ensemble, nous pouvons faire les premiers pas vers un avenir plus sain. Nous examinons ces facteurs en détail ci-dessous.
Génétique
Histoire de la famille
Si un membre de votre famille proche est atteint d’une MII, vous avez plus de chances d’en être atteint en raison de traits génétiques communs. Les traits génétiques partagés sont des caractéristiques ou des variations de l’ADN que les membres d’une famille héritent de leurs ancêtres. Ces traits peuvent influencer le fonctionnement de notre organisme, y compris les réponses immunitaires. Dans le contexte des MII, certains traits génétiques partagés peuvent augmenter la probabilité de développer la maladie si des parents proches, comme les parents ou les frères et sœurs, en sont également atteints.
Susceptibilité génétique
Des variations génétiques spécifiques, en particulier celles qui affectent la réponse immunitaire, rendent certaines personnes plus sujettes à la maladie.
En 2001, le gène NOD2 a été découvert. Il s’agit d’une découverte scientifique importante, car ce gène permet aux scientifiques de comprendre comment la maladie de Crohn peut être liée aux bactéries intestinales, puisque le gène NOD2 aide le système immunitaire à répondre à ces microbes. En fait, il existe plus de 200 mutations génétiques liées au développement des MII.
En outre, bon nombre de ces mutations génétiques sont également liées à d’autres maladies immunitaires telles que le diabète de type 1, la maladie cœliaque et la polyarthrite rhumatoïde. Cette recherche met en évidence le lien essentiel entre le système immunitaire de l’intestin et les billions de microbes qui y vivent.
Les choix de vie et les facteurs environnementaux s’ajoutent aux prédispositions génétiques et déterminent le risque global et l’impact de la maladie.
Facteurs liés à l’environnement et au mode de vie
Le monde qui nous entoure interagit avec notre corps de nombreuses façons intéressantes. La science a montré que certaines expositions environnementales ou certains comportements peuvent jouer un rôle clé dans le développement ou la prévention des MII.
Les comportements susceptibles d’augmenter le risque de MII sont les suivants :
- Fumer
- Vivre dans des zones où les niveaux de pollution sont élevés
- Stress à court terme et/ou à long terme
- Utilisation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)
Conseils pour réduire le risque de MII :
- Ne pas fumer ou arrêter de fumer pour les fumeurs actuels
- Donner la priorité au sommeil et au repos
- Limiter le stress ou trouver des moyens de le gérer
- Participer à des activités physiques ou trouver des moyens d’apprécier le mouvement
- Vivre dans des zones rurales ou des régions où les niveaux de pollution sont moins élevés
Régime et nutrition
Sans surprise, l’alimentation joue un rôle important ! Un régime alimentaire riche en aliments végétaux et peu transformés peut réduire le risque de MII.
Enrichissez votre régime alimentaire en consommant plus souvent ces aliments :
- Aliments riches en fibres tels que les fruits, les légumineuses, les légumes et les céréales complètes
- Les aliments oméga-3 tels que les noix, les graines, le poisson et l’huile d’olive.
D’autre part, le “régime occidental”, qui reflète les habitudes alimentaires modernes, a été associé à un risque accru de MII. Le paysage alimentaire actuel diffère considérablement du régime traditionnel des générations passées, où les aliments étaient consommés peu après la récolte, peu transformés et comprenaient une plus grande variété d’aliments végétaux.
Diminuez votre risque de MII en réduisant votre consommation des aliments suivants :
- Sucres raffinés
- Viandes transformées
- Aliments frits et gras
Microbiote intestinal
L’hypothèse de l’hygiène – Est-il possible d’être trop propre ?
L’hypothèse de l’hygiène suggère que les enfants qui grandissent dans des environnements trop propres peuvent ne pas développer une réponse immunitaire forte aux microbes, augmentant ainsi leur risque de MII plus tard dans la vie.
Les microbes sont de minuscules organismes vivants, comme les bactéries, les virus et les champignons, qui sont trop petits pour être vus sans microscope. Ils vivent partout, y compris dans notre corps, et jouent un rôle essentiel pour nous maintenir en bonne santé et soutenir notre système immunitaire.
Il est prouvé que les enfants exposés à des microbes diversifiés, comme ceux élevés dans des fermes ou avec des animaux de compagnie, ontun risque plus faible de MII. L’exposition précoce aux antibiotiques ou l’absence d’allaitement, qui ont tous deux un impact sur la diversité du microbiome intestinal, peuvent augmenter le risque de MII. Les infections infantiles telles que la gastro-entérite semblent également accroître la susceptibilité à la maladie de Crohn et à la colite ulcéreuse.
L’importance de l’allaitement maternel
L’allaitement maternel joue un rôle important dans la réduction du risque de MII chez les enfants. Il y contribue en fournissant des nutriments essentiels, des anticorps et des bactéries bénéfiques qui favorisent le développement d’un système immunitaire fort et d’un microbiome intestinal sain. Ces avantages contribuent à réduire l’inflammation dans le tube digestif, ce qui diminue le risque d’apparition de MICI plus tard dans la vie. En outre, l’allaitement aide à établir un environnement intestinal équilibré, qui protège contre les bactéries nocives et les déclencheurs potentiels des MICI. Grâce à ces effets de soutien, l’allaitement peut offrir des avantages à long terme pour la santé digestive des enfants.
L’importance de l’identification et de l’intervention précoces
L’identification précoce des MICI peut changer la vie. Lorsque les MICI sont détectées à leurs premiers stades, les malades ont beaucoup plus de chances de gérer efficacement les symptômes. En outre, le dépistage précoce permet aux prestataires de soins de santé de créer un plan de traitement adapté aux besoins de chaque personne, en mettant l’accent sur des stratégies qui contribuent à réduire l’inflammation, à minimiser les poussées et à favoriser la santé globale.
Malheureusement, en l’absence d’intervention précoce, les symptômes des MICI s’aggravent souvent. Par exemple, ils peuvent entraîner des complications telles que des occlusions intestinales, des infections, voire une malnutrition due à une mauvaise absorption des nutriments. De plus, un traitement précoce permet d’éviter certaines des lourdes conséquences physiques et émotionnelles que peuvent entraîner les MICI non traitées. Les personnes qui obtiennent un diagnostic précoce sont plus susceptibles de gérer leur maladie avec moins de médicaments ou de procédures moins invasives.
En outre, un diagnostic précoce peut donner aux familles et aux réseaux de soutien une longueur d’avance pour apprendre à soutenir leurs proches et à adapter leur mode de vie. Il permet également aux enfants, qui sont de plus en plus souvent diagnostiqués à un jeune âge, d’accéder aux ressources et d’acquérir les compétences nécessaires pour bien vivre avec les MICI au fur et à mesure qu’ils grandissent.
En bref, plus tôt les MICI sont identifiées, plus tôt les individus peuvent prendre en main leur santé. L’identification et l’intervention précoces offrent aux personnes concernées la possibilité de mener une vie plus épanouie et plus saine malgré les défis posés par les MICI.
Et maintenant ?
Les MICI n’ont pas de cause unique, mais plusieurs facteurs clés peuvent augmenter le risque de les développer. En apportant quelques changements simples et cohérents à votre mode de vie, vous pouvez réduire votre risque de MII et préserver votre santé digestive pendant de nombreuses années.
- Génétique : Des antécédents familiaux de MII augmentent la probabilité de développer la maladie, car les gènes hérités peuvent augmenter la susceptibilité. Si vous avez des antécédents familiaux de MICI, demandez à votre médecin de famille s’il est possible de procéder à un dépistage.
- Microbiote intestinal : Pendant la petite enfance, allaitez autant que possible et permettez une exposition sûre et modérée à différents environnements pour aider à développer la tolérance immunitaire et réduire le risque de problèmes auto-immuns tels que les MICI.
- Facteurs liés à l’environnement et au mode de vie : Le tabagisme, un niveau de stress élevé et le mode de vie urbain mettent le système digestif à rude épreuve et le rendent plus vulnérable aux MII.
- Régime alimentaire : Une alimentation riche en aliments entiers, en fibres et pauvre en ingrédients transformés a un impact important sur la santé intestinale.
La prévention des MICI n’est peut-être pas entièrement sous notre contrôle, mais en adoptant une approche proactive en matière de choix de mode de vie, nous pouvons considérablement réduire le risque.
This article was made possible due to an unrestricted educational grant from Fresenius Kabi.
Ressources
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